La crise de la zone euro fait valser les gouvernements
Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi a annoncé qu’il démissionnerait à la mi-novembre. En Grèce, l’ancien vice-président de la Banque centrale européenne Lucas Papademos est en passe de prendre la tête du gouvernement.
Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi a annoncé qu’il démissionnerait à la mi-novembre. En Grèce, l’ancien vice-président de la Banque centrale européenne Lucas Papademos est en passe de prendre la tête du gouvernement.
Silvio Berlusconi a confirmé, mardi 8 novembre, la déclaration du président de la République selon laquelle il démissionnerait après l’adoption en urgence à la Chambre des députés et au Sénat de la loi de finances assortie des amendements exigés par les partenaires européens de Rome.
Gouvernement de techniciens
Ces votes, qui devraient intervenir d’ici la fin du mois, mettront alors un point final à la domination qu’il a exercée pendant 17 ans sur la vie politique transalpine.
Son échec à mettre en œuvre des réformes a alimenté une fronde au sein de son parti. Sur sa propre chaîne de télévision, Canale 5, Silvio Berlusconi a confié mardi soir qu’à ses yeux la seule issue résidait dans des élections législatives anticipées.
Le président de la République Giorgio Napolitano a, pour sa part, annoncé qu’il allait engager des consultations avec les partis politiques en vue de la formation d’un nouveau gouvernement. Il serait favorable à une équipe de techniciens et d’union nationale.
Le Cavaliere était sur une corde raide depuis des semaines, empêtré dans une spirale sans fin de scandales financiers et d’affaires de mœurs, d’échecs politiques et, encore plus important, d’une perte de crédibilité sur les marchés internationaux.
Mais Silvio Berlusconi a obstinément refusé de tirer sa révérence jusqu’au vote de ce mardi et a bataillé dur jusqu’au bout avec les « rebelles » de son Parti de la liberté (PDL). Huit de ses députés ont refusé d’accorder leur confiance au Cavaliere, lui faisant perdre la majorité absolue à la Chambre.
Ancien de la BCE
En Grèce, le nom du successeur du socialiste George Papandreou (Pasok) se fait toujours attendre. Dans la soirée du 8 novembre, diverses sources annonçaient la « finalisation » des négociations « avec Lucas Papademos en tant que Premier ministre ».
Le Pasok et les conservateurs grecs semblent s’accorder sur cet ancien vice-président de la Banque centrale européenne pour diriger le futur gouvernement d’union nationale. On ignore toutefois encore si M. Papademos acceptera le poste. Selon Reuters, une annonce officielle pourrait être faite en milieu de journée.
Certains élus de Nouvelle Démocratie (conservateurs) accuseraient Antonis Samaris, chef de file du parti, de faire trop de concessions, notamment en effectuant un virage à 180° sur l’acceptation des mesures d’austérité assorties au plan de sauvetage financier.
Des élections seront organisées le 19 février prochain.
A l’issue d’une réunion des ministres des Finances de la zone euro lundi 7 novembre, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a déclaré qu’il était « essentiel que le nouveau gouvernement prenne des engagements clairs, par écrit, envers le programme UE-FMI et l’ensemble des éléments inclus dans le deuxième plan (d’aide) ».