La démission de Prodi entraîne l'Italie dans la crise [FR]
Le Premier ministre italien et ancien président de la Commission européenne Romano Prodi a démissionné après avoir perdu le vote de confiance au Sénat. Le dirigeant de l’opposition Silvio Berlusconi appelle à de nouvelles élections.
Le Premier ministre italien et ancien président de la Commission européenne Romano Prodi a démissionné après avoir perdu le vote de confiance au Sénat. Le dirigeant de l’opposition Silvio Berlusconi appelle à de nouvelles élections.
Le 24 janvier 2008, le vote crucial à la Chambre haute italienne a mis fin au gouvernement de centre-gauche, resté 20 mois au pouvoir. M. Prodi n’a pas obtenu la majorité nécessaire, avec 156 voix en sa faveur et 161 contre, et a, par conséquent, présenté la démission de son gouvernement au président italien, Giorgio Napolitano.
Le vote a été entouré d’agitation dans la Chambre, avec notamment un échange verbal de propos calomnieux lorsqu’un sénateur d’opposition a annoncé qu’il votait en faveur du gouvernement.
Le gouvernement avait sollicité un vote de confiance au Parlement et au Sénat, suite au retrait du petit parti chrétien démocrate UDEUR de la coalition, après la démission du ministre de la Justice Clemente Mastella la semaine dernière (EURACTIV 23/12/08).
Le président Napolitano doit maintenant décider de nommer un gouvernement de transition pour réformer le système électoral ou convoquer des élections anticipées. Aujourd’hui, 25 janvier, il va ouvrir des consultations auprès des chefs de partis et des dirigeants du Parlement, pour voir si la constitution d’un gouvernement de transition est possible.
Parallèlement, le chef de file de l’opposition conservatrice et ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, actuellement en tête des sondages, appelle à de nouvelles élections : « Maintenant, il faut que nous nous rendions aux urnes. Nous allons dire ce que nous avons l’intention de faire pendant les cent premiers jours de notre gouvernement ».
Joseph Daul, président du groupe PPE-DE de centre-droit au Parlement européen, a déclaré que c’était le temps du changement, le temps d’une autre alternative en Italie. Cependant, il n’a pas explicitement donné son soutien à Berlusconi, dont les relations avec l’UE étaient tumultueuses pendant son mandat de Premier ministre. Il avait notamment créé un tumulte au Parlement lorsqu’il avait qualifié le dirigeant socialiste Martin Schulz de kapo nazi en 2003.
D’après Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti des socialistes européens (PSE), il n’y a pas d’intérêt à organiser des élections qui conduiront à la formation d’un autre gouvernement instable. Ce n’est qu’après une réforme électorale que le peuple italien pourra élire un gouvernement stable, comme le propose le nouveau Partito Democratico dirigé par Walter Veltroni, qui représente une solution nouvelle pour gouverner l’Italie.
D’après le journal Corriere della Sera, les derniers sondages indiquaient une baisse de la popularité de M. Prodi, le taux de confiance étant passé de 41 % en janvier 2007 à 25 % en décembre.
Selon les analystes, une réforme électorale est nécessaire pour permettre la formation d’un gouvernement plus stable à l’avenir. Le gouvernement de M. Prodi, qui a duré 20 mois, est le 7ème plus long depuis l’après-guerre.