La France cherche à convaincre l’Union européenne de sanctionner l’Iran
Le président français tente de convaincre l’UE et les capitales européennes de mettre en place de nouvelles sanctions contre l’Iran. Bien que ce pays ait le droit d’enrichir de l’uranium pour le nucléaire civil, la communauté internationale craint que l’Iran n’utilise l’atome à des fins militaires.
Le président français tente de convaincre l’UE et les capitales européennes de mettre en place de nouvelles sanctions contre l’Iran. Bien que ce pays ait le droit d’enrichir de l’uranium pour le nucléaire civil, la communauté internationale craint que l’Iran n’utilise l’atome à des fins militaires.
En bref :
Les négociations à l’ONU concernant le programme nucléaire iranien se sont enlisées depuis plusieurs semaines.
La raison de ce blocage est double : Téhéran refuse de mettre fin à son programme de développement nucléaire et Moscou ne veut pas voter de nouvelles sanctions contre l’Iran tant que le plan d’action conclu entre Téhéran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le 21 août dernier, n’a pas été testé jusqu’au bout.
La France souhaite pourtant aller plus loin, comme l’a a révélé Le Monde, jeudi 13 septembre. Depuis quelques semaines, Nicolas Sarkozy tente de convaincre ses partenaires européens de mettre en place une série de sanctions contre l’Iran.
Certains États membres semblent toutefois réticents. En plus des négociations à 27, la diplomatie française a donc également lancé des discussions bilatérales avec les capitales européennes.
Convaincre les Européens
La chancelière allemande, Angela Merkel, se dit sur la même ligne que Nicolas Sarkozy, mais ne serait pas suivie par sa coalition gouvernementale, principalement pour des raisons économiques. L’Allemagne est l’un des principaux investisseurs en Iran et la santé économique de nombreuses PME, qui composent le socle de l’économie allemande, en dépend.
Leurs intérêts économiques dans ce pays étant très forts, l’Italie et l’Espagne adoptent également une attitude prudente.
Si la France n’arrive pas à rallier les 27, elle espère pouvoir mettre en place un groupe de « pays volontaires ». Les Britanniques seraient prêts à la suivre.
Aller plus loin que l’ONU
Les nouvelles sanctions consisteraient à allonger les listes d’entreprises, de banques, d’institutions ou de personnalités iraniennes frappées de gel d’avoirs ou d’interdiction de transactions en Europe.
L’Union européenne a déjà adopté des sanctions supplémentaires par rapport à la résolution 1747 de l’ONU, votée en mars dernier au Conseil de sécurité. L’UE observe un embargo sur les ventes d’armes à l’Iran et a rendu obligatoires des interdictions de visas frappant certains officiels iraniens.
Rapprochement avec les États-Unis?
Lors de son discours aux ambassadeurs fin août, le président français s’était montré ferme envers l’Iran appelant à des sanctions croissantes si le pays ne se pliait pas aux injonctions internationales. Nicolas Sarkozy a évoqué une « alternative catastrophique » en cas d’échec de la diplomatie.
Les États-Unis, qui ont déjà mis en place des sanctions contre l’Iran et le régime des mollahs, comptent aller plus loin. Le Congrès américain a commencé cet été à travailler sur de nouveaux projets de lois afin de prendre des mesures contre les entreprises étrangères traitant avec l’Iran.
En cas d’adoption de ces textes, les Européens pourraient revoir leur jugement et éventuellement s’adapter aux décisions américaines.