La France et la Grande-Bretagne convoquent une réunion d'urgence sur la crise du détroit d'Ormuz
Une coalition de pays menée par la France et la Grande-Bretagne tiendra jeudi une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères afin de discuter de la réouverture du détroit d’Ormuz.
Ces discussions interviennent alors que l’on craint de plus en plus que les États-Unis ne se retirent des efforts internationaux visant à rouvrir cette voie navigable d’importance stratégique.
Cette réunion virtuelle, à laquelle participera également la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, fait suite à l’appel lancé en début de semaine par le président Donald Trump à la Grande-Bretagne et aux autres alliés des États-Unis pour qu’ils « se rendent dans le détroit » – que Téhéran a effectivement fermé depuis qu’il a été attaqué par les États-Unis et Israël le 28 février – et « se procurent leur propre pétrole ».
Sir Keir Starmer, le Premier ministre britannique, a déclaré mercredi qu’une « désescalade » du conflit et la réouverture du détroit constituaient « le moyen le plus efficace » de faire face à la crise du coût de la vie en Grande-Bretagne.
La réunion de jeudi permettra « d’évaluer toutes les mesures diplomatiques et politiques viables que nous pouvons prendre pour rétablir la liberté de navigation, garantir la sécurité des navires et des marins bloqués et reprendre le transport des marchandises essentielles », a précisé Starmer.
« Nous explorons toutes les voies diplomatiques qui s’offrent à nous », a-t-il ajouté.
Cette réunion, à laquelle participeront également des ministres allemands, italiens et néerlandais, fait suite à la publication, le mois dernier, d’une déclaration par une coalition de 35 pays menée par la France et la Grande-Bretagne, qui « condamnait avec la plus grande fermeté » la « fermeture de facto » du détroit par Téhéran, par lequel transitait un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz avant la guerre.
« La liberté de navigation est un principe fondamental du droit international », indiquait la déclaration, ajoutant que les signataires étaient prêts à « contribuer aux efforts appropriés pour garantir un passage sûr dans le détroit ».
Fabian Zuleeg, directeur général de l’European Policy Centre, un groupe de réflexion basé à Bruxelles, a estimé que « l’issue finale la plus probable » du conflit serait une forme d’implication européenne visant à garantir la sécurité du passage dans le détroit.
« À mon avis, une fois qu’un cessez-le-feu aura été conclu, les Européens n’auront d’autre choix que de s’impliquer d’une manière ou d’une autre », a-t-il expliqué.
Selon Euractiv, des représentants du Japon, du Canada, de la Corée du Sud, de la Nouvelle-Zélande, des Émirats arabes unis et du Nigeria participeront également à la réunion de jeudi.