La France ne pleurerait pas outre mesure le Royaume-Uni en cas de Brexit
La France n'empêchera pas le Royaume-Uni de quitter l'Union européenne. Voici ce qu'il ressort d'une simulation de « wargame » qui développe différents scénarios possibles dans le cas d’une sortie de Londres de l’UE à l’horizon 2017.
La France n'empêchera pas le Royaume-Uni de quitter l'Union européenne. Voici ce qu'il ressort d'une simulation de « wargame » qui développe différents scénarios possibles dans le cas d’une sortie de Londres de l’UE à l’horizon 2017.
Près de 70 décideurs politiques et diplomates européens ont participé le 11 décembre à un événement organisé par le groupe de réflexion eurosceptique Open Europe, dans le centre de Londres.
Des membres de plusieurs partis de premier plan y ont assisté. La députée britannique conservatrice Andrea Leadsom a par exemple mené les discussions. Elle est la présidente de Fresh Start, un projet en faveur d'une réforme européenne, qui est proche du gouvernement.
Vivien Pertusot, responsable du bureau bruxellois de l'Institut français des relations internationales (IFRI), représentait la France. John Bruton, ancien ambassadeur de l'UE auprès des États-Unis, incarnait quant à lui les institutions européennes.
L'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, les pays nordiques et le groupe de Visegrád (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) étaient également présents lors des discussions.
Négociations possibles
Le « jeu de guerre » se jouait en deux parties. La première partie était consacrée à une négociation sur les compétences européennes. Le Royaume-Uni a tenté d’obtenir de grandes réformes qui reflètent le programme du premier ministre britannique, David Cameron. Londres souhaite, par exemple, que les parlements nationaux puissent échapper à certaines parties de la législation européenne qu'ils ne cautionnent pas. Il demande également d’imposer des conditions à la liberté de circulation des individus au sein de l'Union européenne.
Une source présente à l'évènement explique à EURACTIV que le Royaume-Uni pourrait recevoir un soutien raisonnable quant à ces propositions, notamment de la part de l'Allemagne.
Lors de la seconde partie des négociations, les participants ont envisagé ce qu’il se passerait si la population britannique adopte par référendum la sortie de l’Union. Ils ont aussi imaginé le type de négociations qui pourraient en découler.
De nombreux participants considéraient ce scénario avec scepticisme et regret. L'Allemagne ne comprend pas pourquoi les Britanniques pensent qu’une sortie de l'UE pourrait être à leur avantage. L'Espagne et l'Italie déploraient également un tel cas de figure. Selon les représentants des deux pays, il faudrait alors éventuellement trouver un nouveau contrepoids à l'influence allemande au sein de l’UE.
La France était plus optimiste. Selon le négociateur français, son pays ne ferait pas grand-chose pour éviter que le Royaume-Uni ne quitte l'Union. Il a toutefois déclaré que Paris était disposé à poursuivre une relation bilatérale en dehors de l'UE, indique la source.
Vivien Pertusot a refusé que le secteur financier britannique fasse partie du marché unique en cas de sortie de l'UE. Ce scénario laisserait la place à une nouvelle capitale financière, que Paris ou Francfort convoitent.