La France réagit à son tour face à la crise ukrainienne

La situation reste tendue à Kiev alors que le président ukrainien doit partir aujourd'hui en Chine avant de se rendre en Russie. La France se dit préoccupée  à l'instar de nombreux pays européens.

EURACTIV.fr
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La situation reste tendue à Kiev alors que le président ukrainien doit partir aujourd'hui en Chine avant de se rendre en Russie. La France se dit préoccupée  à l'instar de nombreux pays européens.

La mobilisation des Ukrainiens pro-européens se poursuit à Kiev alors que le président Ianoukovitch doit partir en Chine puis en Russie. Les manifestants, furieux du refus de l'Ukraine de signer un Accord d'Association avec l'Union européenne, bloquent toujours l'accès au principal bâtiment du gouvernement.

L'opposition, qui a un soutien massif de la rue, est toutefois minoritaire au Parlement ce qui risque de rendre compliqué un vote de défiance au Parlement.

Tensions sur le hrvynia

Des évènements qui ont entraîné de vives réactions, non seulement sur les marchés où la monnaie ukrainienne, le hryvnia a chuté. La crainte d'une dévaluation de la monnaie ukrainienne courait depuis déjà plusieurs semaines, mais les tensions politiques pourraient l'accélérer.

Les réaction ont surtout été nombreuses dans le monde diplomatique.

La Commission s'est indignée des violences dès dimanche, tout comme le Royaume-Uni, la Suède et l'Allemagne qui réagissaient promptement.

L'allemande Rebecca Harms, chef de file des Verts aux côtés de José Bové pour les élections européennes, a de son côté demandé dès lundi l'envoi d'une délégation parlementaire à Kiev.

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, s'est de son côté entretenu avec le président ukrainien, Ianoukovitch, sur cinq points principaux portant sur le respect des droits et des libertés des Ukrainiens.

Un entretien téléphonique qui aura eu pour mérite d'obtenir un accord de principe de la part du dirigeant ukrainien.

A la tête du Parlement européen, Martin Schulz, l'allemand social-démocrate qui sera aussi l candidat des socialistes à la présidence de la Commission européenne, a également rapidement déclaré son soutien aux manifestants, et appelé au respect de leur aspiration à la démocratie.

En France, une réaction tardive mais ferme

En France, « on préfère ne pas réagir dans la précipitation, on se donne le temps de l'analyse politique» avance un diplomate français .

Si cela peut paraître surprenant aux yeux de l'extrême droite européenne, qui a fait son fonds de commerce du sentiment antieuropéen, en Ukraine, une partie de l'extrême droite est au contraire pro européenne.

Au sein du parti Svoboda (ou liberté), un parti d'opposition nationaliste, quelques ultras n'hésitent pas à se servir de la violence. Le nationalisme qu'ils expriment est surtout antirusse, ce qui explique une partie du sentiment pro-européen.

L'importance de la corruption représente un autre facteur de lassitude : l'Ukraine est le 143ème pays le plus corrompu au monde selon l'organisation Transparency International.

La France  a néanmoins exprimé sa « préoccupation face aux événements qui se déroulent à Kiev depuis plusieurs jours. Elle condamne les violences qui ont fait de nombreux blessés parmi les manifestants, les policiers et les journalistes ».

Le ministre Thierry Repentin ira à Kiev en fin de semaine

Le Quai d'Orsay a aussi rappelé que l'Ukraine accueillera en fin de semaine une conférence ministérielle de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) dont elle assure cette année la présidence.

Le ministre des Affaires européennes, Thierry Repentin, doit donc se rendra en fin de semaine à Kiev. Il ira aussi « pour rencontrer la société civile et mieux comprendre ce qu'il se passe » assure l'homme politique.

Les violences subies notamment par des équipes de journalistes, de policiers et de manifestants ont aussi été dénoncées conjointement par un communiqué commun de la Pologne et de la France, au lendemain d'un sommet franco-polonais.

Du côté du quai d'Orsay, on rappelait aussi les propos du président Hollande lors du sommet de Vilnius. Le président avait rappelé que les portes de l'Europe restaient « ouvertes ».