La France va prendre de nouvelles mesures d’austérité

Le nouveau « plan d’équilibre des finances publiques » du gouvernement prévoit de 6 à 8 milliards d’économies supplémentaires.

EURACTIV.fr

Le nouveau « plan d’équilibre des finances publiques » du gouvernement prévoit de 6 à 8 milliards d’économies supplémentaires.

La France est prête à tout pour préserver son AAA.

François Fillon dévoilera, en fin de matinée du lundi 7 novembre, un nouveau programme d’austérité de 6 à 8 milliards d’euros. Un budget parmi « les plus rigoureux depuis 1945 », selon le gouvernement.

Retour à l’équilibre

Le Premier ministre a préparé les esprits, samedi 5 novembre, expliquant qu’il n’y avait pas d’alternative si le pays voulait tenir son objectif de réduction du déficit public, à 3% de son PIB en 2013.  

« Le seul programme qui vaille en 2012, c’est le retour à l’équilibre des finances publiques », a-t-il déclaré lors d’un discours à Morzine en Haute-Savoie.

Moins de 3 mois après avoir présenté un plan de rigueur de 12 milliards d’euros pour 2011 et 2012, le gouvernement français est contraint de pousser encore plus loin l’exercice de rigueur, tenant compte des perspectives de croissance plus faibles en 2012 (1% contre 1,75% prévu initialement).

Retraite, TVA et niches fiscales 

Selon des informations des Echos, le gouvernement envisage d’avancer à 2016 l’échéance du calendrier de transition vers l’âge de départ à la retraite à 62 ans, prévue en 2018 dans la réforme.

Le gouvernement espère ainsi économiser plusieurs milliards d’euros dès la prochaine législature.

Un relèvement de la TVA à 7% serait par ailleurs envisagé dans certains des secteurs qui bénéficient d’un taux réduit à 5,5%, comme la restauration, la construction ou les services à la personne. Cette mesure pourrait rapporter près d’un milliard d’euros par an.

La réduction des niches fiscales devrait se poursuivre, selon des déclarations du ministre de l’Économie et des Finances, François Baroin, au « Grand Jury » RTL-LCI-Le Figaro.  

Le gouvernement projetterait, selon Le Figaro et Le Journal du Dimanche, d’augmenter l’impôt sur les sociétés des entreprises qui réalisent plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires.

« Bricolages » et « rapiéçages » 

François Hollande a déclaré dans une interview à Libération, à paraître lundi, que ces nouvelles mesures ne sont que « bricolages » et « rapiéçages ».

« Méfions-nous (…) des proclamations churchilliennes, qui cachent souvent une improvisation. Tel est le cas. Car il ne s’agira pas du budget le plus rigoureux présenté depuis la Seconde Guerre mondiale. Il y en a eu bien d’autres. »

Pour le candidat socialiste à la présidentielle de 2012, la solution aurait été de « rem(ettre) en cause les niches fiscales par un coup de rabot général ».

« J’aurais annulé l’allégement de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune, ndlr) et je serais revenu sur l’exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires qui jouent contre l’emploi », a-t-il ajouté.