La fronde des élus UMP sur la laïcité au Parti populaire européen
Les valeurs chrétiennes de l’Europe font à nouveau débat chez les députés européens conservateurs, réunis en congrès les 17 et 18 octobre à Bucarest.
Les valeurs chrétiennes de l’Europe font à nouveau débat chez les députés européens conservateurs, réunis en congrès les 17 et 18 octobre à Bucarest.
Ils sont bien seuls dans leur combat. Les élus de l’UMP luttent pour défendre la laïcité comme valeur fondamentale du Parti populaire européen.
A l’occasion de leur congrès, qui se tient à Bucarest les 17 et 18 octobre, les conservateurs européens ont décidé de plancher ensemble sur ce qui constitue la base de leur identité politique.
Pour ce parti, dont le groupe est le plus important du Parlement européen, cette mise à jour s’imposait. Les pays de l’Est, qui ont adhéré à l’UE en 2004, estiment nécessaire d’accorder une grande place à la religion dans le socle idéologique de leur formation politique.
Le texte, qui doit être voté aujourd’hui, jeudi 18 octobre, reconnaît d’ailleurs la position de ceux « qui croient en Dieu et y voient la source de la vérité, de la justice, du bien et de la beauté ».
Les références à la création divine, sous des expressions diverses comme le « travail de création de Dieu » ou le « monde créé », condamnent implicitement le droit à la contraception et à l’avortement, ainsi que les recherches scientifiques sur les embryons.
Ce débat fait échos aux discussions autour du projet de constitution européenne en 2004. A l’époque, certains pays comme la Pologne défendaient la mention des valeurs chrétiennes de l’UE dans le préambule. La phrase n’avait finalement pas été retenue.
La délégation française heurtée
Fervents défenseurs de la séparation entre religion et politique, les Français ont réagi. « On ne peut pas présenter un tel texte à nos électeurs pour les européennes de 2014, il est trop en décalage avec nos principes », affirme le président du la délégation UMP au sein du groupe PPE au Parlement Jean-Pierre Audy.
Dans une lettre, adressée mardi 16 octobre au président du parti Wilfried Martens, le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé rappelle son attachement « indéfectible » à la laïcité, au coeur de « notre pacte de société ».
Il souligne également qu’un dogmatisme religieux empêcherait d’atteindre « l’idéal de progrès humain défendu par le PPE ».
Une annexe
Jusqu’alors peu entendue, la délégation française cherche activement des alliés. « On pense obtenir le soutien des délégations belge et suédoise, peut être aussi celui des Espagnols », indique Jean-Pierre Audy.
Quoi qu’il en soit, le texte ne sera pas modifié. Mais les Français comptent faire reconnaître la singularité de leur position dans une annexe du projet.