La gauche demande la démission d’une ministre accusée d’homophobie

Plusieurs élus de gauche ont demandé mardi 19 juillet la démission de la ministre Caroline Cayeux après des propos jugés homophobes et malgré ses excuses.

Euractiv France
French government new cabinet meeting
La nouvelle ministre française des Collectivités territoriales, Caroline Cayeux, quittant le palais de l’Élysée après la première réunion du nouveau gouvernement, à Paris, le 4 juillet 2022. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Plusieurs élus de gauche ont demandé mardi 19 juillet la démission de la ministre Caroline Cayeux après des propos jugés homophobes et malgré ses excuses. Lorsqu’elle était sénatrice en 2013, Mme Cayeux considérait que l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe était un « caprice » et un « dessein qui va contre la nature ».

Interrogée le 12 juillet dernier sur Public Sénat sur ces propos, jugés homophobes, la ministre des Collectivités territoriales Caroline Cayeux a, dans un premier temps, indiqué les « maintenir » et avoir « beaucoup d’amis parmi tous ces gens-là ». Dans la journée, elle a déclaré les « regretter profondément » et que « l’égalité des droits doit toujours être une priorité de notre action ».

Les oppositions de gauche ont évoqué ce sujet à plusieurs reprises lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale mardi 19 juillet et ont demandé la démission de la ministre : la députée écologiste Marie-Charlotte Garin a rappelé que l’homophobie était un « délit ». « On ne peut pas s’excuser d’un délit » a ajouté Ségolène Amiot, députée La France insoumise qui a demandé à la Première ministre de « limoger [ses] ministres homophobes ».

Dans son intervention, elle ne s’est pas seulement référée à Mme Cayeux, mais aussi à Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur qui avait participé aux manifestations contre le mariage égalitaire, et Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, qui avait interdit, dans sa ville d’Angers, la publication d’affiches de prévention contre le VIH montrant des hommes s’enlacer.

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a répondu à ces attaques en expliquant que « les positions de députés, qui à l’époque étaient opposés, ont bien évolué », car « face au bonheur » des familles LGBT+, « [ils avaient] tort de vouloir s’y opposer ». Selon lui, la plupart des élus de tous les partis ont aujourd’hui « la volonté farouche de faire évoluer notre société pour qu’elle reflète toute sa diversité » en reconnaissant que les mots de Mme Cayeux ont pu « heurter ».

Les mots de Mme Cayeux ont non seulement suscité une vague d’indignation immédiate au sein de la communauté LGBT+, mais aussi au sein du gouvernement et de la majorité. Parmi eux, Clément Beaune, ancien ministre de l’Europe devenu ministre des Transports, a partagé son indignation face à des propos « extrêmement blessants » de la part de sa collègue.

En tout état de cause, la solidarité ministérielle a du plomb dans l’aile : quant à l’éventuelle démission de Mme Cayeux, M. Beaune considère que « ce n’est pas [à lui] de le dire ».

Même son de cloche pour Marlène Schiappa, secrétaire d’État très engagée dans la lutte contre l’homophobie, qui a invité sa collègue à passer des paroles aux actes : « elle peut soutenir la cause, par l’ouverture de centres LGBT+ dans les communes », ce qui relève de son portefeuille, entre autres exemples.

Une tribune publiée dans le Journal du dimanche, signée aussi par des personnalités du parti d’Emmanuel Macron (Renaissance), dénonçait également les propos de la ministre, l’appelant à un devoir d’« exemplarité » en tant que membre du gouvernement et au « respect du principe d’égalité et de légalité ».