La grande amertume des nouveaux Etats membres à l'issue du sommet de Bruxelles [FR]

L'absence d'accord sur les perspectives financières 2007-2013 pourrait entraîner une perte sèche importante pour les nouveaux Etats membres. Lors du Conseil européen de Bruxelles, ces derniers ont vainement proposé de sacrifier une partie de l'enveloppe qui leur était provisionnellement allouée pour tenter de sortir les discussions de l'impasse. 

L’absence d’accord sur les perspectives financières 2007-2013 pourrait entraîner une perte sèche importante pour les nouveaux Etats membres. Lors du Conseil européen de Bruxelles, ces derniers ont vainement proposé de sacrifier une partie de l’enveloppe qui leur était provisionnellement allouée pour tenter de sortir les discussions de l’impasse. 

La plupart des observateurs semblent partager la conclusion du premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, selon lequel les désaccords sur le budget ne sont que le révélateur du fossé séparant deux visions antagonistes du projet européen : pour la Grande-Bretagne et ses alliés (notamment les Pays-Bas et la Suède, alignés sur la position britannique lors du sommet de Bruxelles, mais aussi une majorité de nouveaux Etats membres), le marché et la libre concurrence doivent se voir accorder la priorité au détriment de la solidarité et de l’intégration politique. La France et l’Allemagne ont quant à elles pris la tête des pays désireux d’aller plus loin sur la voie de l’intégration politique, mais aussi de préserver le modèle social européen.  

Bien que les nouveaux Etats membres soient fondamentalement en accord avec la vison « britannique » de l’Europe, certains d’entre eux ont pourtant, lors du sommet de Bruxelles, pris leurs distances vis-à-vis de Londres en menant une initiative conjointe destinée à permettre le déblocage des négociations sur le budget de l’Union. « Personne ne pourra plus dire que pour la Pologne, l’Union européenne n’est qu’une question d’argent », a ensuite déclaré M. Belka.

Pendant le Conseil européen des 16 et 17 juin, c’est en effet parmi les délégations des « anciens » Etats membres qu’ont été le plus souvent entendues des références aux questions d’intérêt national et aux aspects financiers, et non parmi celles des la « nouvelle Europe », pourtant souvent décrite comme étant arc-boutée sur la défense de ses intérêts pécuniaires. 

Au soir du 17 juin, la plupart des dix nouveaux Etats membres s’étaient rangés derrière la proposition de compromis budgétaire de la présidence luxembourgeoise, allant même jusqu’à accepter de renoncer à une partie des subventions que celle-ci leur affectait. Mais ce geste s’est finalement avéré insuffisant pour permettre la conclusion d’un accord.