La Grèce a besoin d'un plan de sauvetage de plus grande ampleur

Le second plan de sauvetage pour la Grèce devrait dépasser l'ampleur du premier, ont affirmé des sources à EURACTIV, alors que les ministres des finances sont face à la réticence des investisseurs à payer l'addition.

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Le second plan de sauvetage pour la Grèce devrait dépasser l'ampleur du premier, ont affirmé des sources à EURACTIV, alors que les ministres des finances sont face à la réticence des investisseurs à payer l'addition.

Les ministres qui se sont réunis à Bruxelles hier (12 juillet) en sont revenus au point de départ suite à l'abandon de l'idée d'un refinancement volontaire de la dette souveraine grecque par le secteur privé, de peur que cela n'entraîne un défaut de paiement et ne suscite la panique sur les marchés.

Par conséquent, il semble de plus en plus probable que le second plan d'aide à la Grèce, qui implique des rachats d'obligations, dépasse le premier qui était déjà de 110 milliards d'euros, ont confié à EURACTIV des sources qui ont préféré conserver l'anonymat.  

Rejet du plan français

Dans le même temps, l'agence de notation de crédit Standard & Poor's a rejeté la proposition française d'allonger l'échéance de 70 % des créances grecques arrivant à maturité avant la fin 2014. L'agence a affirmé que toutes les variantes de ce plan mèneraient à un défaut de paiement sélectif (selective default), une éventualité que les représentants de l'UE tentent d'éviter à tout prix.

Les banques et les compagnies d'assurances allemandes ont également affirmé que tout défaut partiel devrait être évité, car cela pourrait mener à des dépréciations massives d'actifs pour les banques.

Mis au pied du mur par les agences de notation et les investisseurs, les ministres ont à nouveau envisagé le rachat d'obligations grecques sur le marché secondaire, ce qui les forcerait à de nouveau financer un renflouement, ont expliqué ces sources.

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ne peut pas servir au rachat d'obligations grecques, dans la mesure où cela impliquerait des modifications substantielles de sa base juridique, ont ajouté nos sources. La Grèce recevra sans doute des fonds supplémentaires pour racheter ses propres obligations, en plus d'un second renflouement estimé à 110 milliards d'euros qui devrait être approuvé en septembre.

Un document de l'Institut de finance international qui a circulé parmi les responsables hier aurait apparemment demandé aux dirigeants politiques de ne pas trop compter sur le secteur privé.

« Arrêtons de penser à ce que veulent les pays. Il faut prendre en considération la position du secteur privé », a déclaré une source qui a laissé entendre que les conditions du second plan de sauvetage de la Grèce étaient influencées par les banques qui détiennent les créances du pays.

Même si l'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande, entre autres, insistent ouvertement pour que le secteur privé contribue au nouveau renflouement à hauteur de 30 milliards d'euros, une source haut placée a précisé que des contributions substantielles devraient être apportées par les secteurs public et privé pour faire éclater la bulle de la dette grecque.

L'Italie, trop grande pour le FESF

Le ministre allemand des finances a refusé de donner son avis sur une augmentation éventuelle de la capacité du FESF pour soutenir le second sauvetage de la Grèce. Il a insisté sur le fait que la question n'était pas de savoir quelle serait la somme d'argent nécessaire, mais plutôt de savoir ce qu'on allait en faire, comme l'apport de garanties, le financement des rachats ou l'échange de créances.

Wolfgang Schäuble était apparemment irrité que les médias aient affirmé que la capacité de prêt du FESF serait augmentée.

Les options semblent de moins en moins nombreuses, dans la mesure où il a mentionné une réduction de la marge de manœuvre dans la gestion de la crise de la dette en Grèce.

« Nous devons envisager ce que nous pouvons et ne pouvons pas faire. Nous devons tenir compte du droit constitutionnel et des cours constitutionnelles. Nous devons penser à la position des 16 autres pays de la zone euro », a insisté le ministre.

Un diplomate de l'UE qui a participé aux discussions a confirmé que l'on se dirigeait vers un consensus sur le fait que le plafond actuel de 440 milliards d'euros pour le FESF ne servirait à appuyer que d'éventuels renflouements supplémentaires de l'Irlande et du Portugal, en plus de l'argent déjà versé à la Grèce.

Le FESF devrait être modifié ou augmenté pour pouvoir soutenir un renflouement de l'Espagne, voire de l'Italie, a ajouté le diplomate.

Claire Davenport – Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet