La Grèce sera « l’infirme » du sommet européen [FR]
Les émeutes dignes de mai 68 qui ont éclaté en Grèce feront de ce pays « l’infirme de l’Europe » lors du sommet européen qui débute aujourd’hui 11 décembre à Bruxelles.
Les émeutes dignes de mai 68 qui ont éclaté en Grèce feront de ce pays « l’infirme de l’Europe » lors du sommet européen qui débute aujourd’hui 11 décembre à Bruxelles.
L’image paradisiaque de la Grèce a récemment été mise à mal, alors que des milliers de manifestants, jeunes pour la plupart, ont défilé à travers la capitale Athènes, affrontant la police, dressant des barricades et laissant derrière eux des magasins pillés et des voitures brûlées. Des émeutes ont également éclaté à Thessalonique et à Kavala, au nord d’Athènes.
Les protestations ont été déclenchées par ce qui apparaît aujourd’hui comme une fusillade accidentelle provoquée par la police le 6 décembre au cours de laquelle Alexandros Grigoropoulos, âgé de 15 ans, a trouvé la mort dans un quartier rom d’Athènes. Les avocats de la police indiquent désormais qu’ils disposent de preuves selon lesquelles l’adolescent a été tué par un ricochet et non par un coup feu direct.
Toutefois, les escarmouches se sont fait de plus en plus furieuses 5 jours durant alors que les autorités éprouvaient des difficultés à prendre le contrôle de la situation. L’opposition de centre-gauche et les syndicats ont saisi l’occasion pour exposer au grand jour les scandales liés à la corruption ainsi que la situation économique épouvantable qu’ils associent au gouvernement conservateur du Premier ministre Kostas Karamanlis (en fonction depuis 2004).
En outre, la grève générale à laquelle ont appelé hier les deux syndicats les plus importants du pays a paralysé le pays : les écoles, les entreprises et les services publics ont fermé leurs portes, des vols ont été annulés.
Le principal dirigeant de l’opposition, George Papandreou (PASOK), a appelé les conservateurs au pouvoir à se retirer et à chercher une solution par le biais d’élections afin d’enrayer les violences.
Mais M. Karamanlis n’accorde guère d’importance aux appels de plus en plus nombreux exigeant sa démission et la tenue d’élections anticipées. Dans une élocution télévisée mardi, il a accusé les émeutiers d’être des « ennemis de la démocratie ». Le Premier ministre ne dispose que d’une majorité d’un siège au Parlement.
Un porte-parole du Premier ministre a indiqué que M. Karamanlis participera comme prévu au sommet de l’UE, qui débute aujourd’hui à Bruxelles.