La Grèce toujours dans le viseur des agences de notation

Au lendemain du plan de sauvetage adopté à l’arrachée, les agences Moody’s et Fitch font connaître leur position sur la Grèce. Dégradation de note pour la première, placement en défaut partiel temporaire pour la seconde.

EURACTIV.fr
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Au lendemain du plan de sauvetage adopté à l’arrachée, les agences Moody’s et Fitch font connaître leur position sur la Grèce. Dégradation de note pour la première, placement en défaut partiel temporaire pour la seconde.

Les agences de notation restent fidèles à elles-mêmes. Au lendemain du plan de soutien associant le secteur privé adopté par les dix-sept pays de la zone euro, l’agence Fitch, qui classe la dette grecque CCC, a immédiatement réagi. Athènes sera placée en défaut partiel, mais de manière temporaire. Selon des informations obtenues par Reuters, les banques pourraient convertir dès la fin du mois d’août les obligations grecques contre de nouveaux titres dont les conditions sont plus favorables à la Grèce (échéance du remboursement repoussée par exemple). Le défaut grec serait ainsi relativement limité dans le temps.

Le 25 juillet, l’agence Moody’s s’est elle aussi rangée derrière un argument invoqué depuis des semaines : tout effort financier consenti par les investisseurs privés est assimilé à un défaut, puisque la somme finale qu’ils percevront au titre des remboursements n’est pas celle qu’ils attendaient. En dégradant la note grecque de Caa1 à Ca, soit un cran seulement avant le stade du défaut, l’agence américaine pronostique dans un communiqué des “pertes substantielles” pour les investisseurs qui détiennent des obligations grecques.

« Retour à la solvabilité »

L’institut international de la Finance a indiqué que les “pertes [étaient] susceptibles de dépasser 20%”, rappelle l’agence. Fitch et Moody’s reconnaissent cependant les bienfaits de l’accord scellé entre les dirigeants de la zone euro. Selon les deux agences, la Grèce s’approche d’un “retour à la solvabilité” et augmente ses chances de “réduire le fardeau de sa dette”. Mais le chemin de croix est encore long. Avec le plan de 109 milliards entériné par les bailleurs publics la semaine dernière, complété par la contribution du privé, la Grèce devrait comprimer sa dette de 12 points de PIB, la portant ainsi à 148% PIB.

Consciente de cette réalité, l’agence Moody’s souligne que “le stock de dette grecque sera bien supérieur à 100% du PIB pendant de nombreuses années”. Le pays fera de nouveau face à des risques liés à la mise en œuvre de réformes fiscales et économiques, ajoute-t-elle.

Autre inconnue, la part de l’aide accordée par le FMI au sein du paquet de 109 milliards d’euros. Une rencontre entre le ministre des Finances grec Evangelos Venizelos et la directrice du FMI Christine Lagarde est prévue aujourd’hui.