La Lituanie souhaite l'instauration d'un régime sans visa pour les Ukrainien en 2013

Le ministre lituanien des affaires étrangères, Audronius Ažubalis, a déclaré que l'une de ses priorités serait la mise en place d'un régime sans visa pour les citoyens ukrainiens souhaitant se rendre en Europe lorsque son pays assumera la présidence tournante du Conseil de l'UE durant le premier semestre de 2013. Il a toutefois admis que l'évolution de la situation dépendrait de Kiev.

EURACTIV.com
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Le ministre lituanien des affaires étrangères, Audronius Ažubalis, a déclaré que l'une de ses priorités serait la mise en place d'un régime sans visa pour les citoyens ukrainiens souhaitant se rendre en Europe lorsque son pays assumera la présidence tournante du Conseil de l'UE durant le premier semestre de 2013. Il a toutefois admis que l'évolution de la situation dépendrait de Kiev.

M. Ažubalis a déclaré que les pressions s'intensifiaient sur la Commission pour qu'elle applique un régime sans visa pour la Russie en amont des jeux Olympiques d'hiver à Sochi en 2014. Il a toutefois prévenu qu'une telle ouverture vis-à-vis de Moscou mettrait la cohérence de la politique européenne dans la région de la mer Noire en péril, affirmant que la Russie était moins avancée que l'Ukraine dans ses négociations sur un régime sans visa.

« L'une des priorités de la présidence lituanienne du Conseil de l'UE [lors du premier semestre de 2013] sera de mettre en place un régime sans visa pour l'Ukraine », a-t-il déclaré. « Cependant, l'Ukraine devra encore relever de nombreux défis et le dernier rapport publié récemment montre des lacunes en termes de passeports biométriques, entre autres. C'est un grand défi pour l'Ukraine. »

M. Ažubalis a fait cette déclaration hier (27 février) lors d'un évènement organisé par le European Policy Centre et la Poroshenko Foundation. Petro Poroshenko, l'un des intervenants, a occupé le poste de ministre des affaires étrangères en Ukraine et il dirige un réel empire qui comprend plusieurs entreprises de confection, des usines de fabrication d'automobiles et de bus, un chantier naval et une chaîne télévisée.

L'Ukraine a récemment reculé dans ses négociations avec l'Union européenne sur l'instauration d'un régime sans visa. Avant d'introduire un régime sans visa avec l'Ukraine, l'UE insiste pour que le pays mette sur pied une agence anti-corruption. Le parlement demeure contre cette initiative, dans la mesure où le Parti communiste, un allié du gouvernement, est relativement puissant au sein de l'agence douanière du pays et serait contre la création d'une telle agence.

Le projet de loi visant à introduire les passeports biométriques en Ukraine, l'une des autres conditions pour l'instauration d'un régime sans visa, est quant à lui bloqué au parlement.

M. Ažubalis a lancé un appel aux aspirations pro-européennes du peuple ukrainien qui, selon lui, sont tellement puissantes qu'aucun gouvernement ne pourrait les ignorer.

Le ministre lituanien a reconnu que le sommet UE-Ukraine de décembre dernier n'avait pas donné de bons résultats. Il a en effet été impossible de conclure un accord d'association avec l'Ukraine, notamment en raison de la condamnation de l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko. La nouvelle procédure a permis de trouver une « solution créative » pour conserver de bonnes relations jusqu'à ce que l'Ukraine change de politique, a-t-il expliqué. Il a toutefois affirmé qu'il ne pouvait pas s'agir d'une solution à long terme.

Un fameux bagage

Cette conférence à Bruxelles a eu lieu le même jour que la condamnation à quatre ans de prison de Iouri Lutsenko, ancien ministre de l'intérieur et proche allié de Mme Timochenko. Il a été condamné pour abus de pouvoir et détournement de fonds.

Le commissaire européen à l'élargissement, Štefan Füle, a qualifié ce verdict de « preuve supplémentaire qu'il s'agit d'un problème systémique qui touche tous les aspects du système judiciaire [ukrainien] » [voir la déclaration officielle].

Etaient présents à cette conférence en plus du ministre lituanien, Valery Khoroshkovsky, un magnat des médias ukrainien qui a été nommé vice-premier ministre la semaine dernière, et Andriy Klyuev, un oligarque et ancien premier ministre qui est aujourd'hui secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense en Ukraine.

Concernant les négociations sur un régime sans visa avec l'UE, M. Khoroshkovsky a affirmé que l'Ukraine avait accepté toutes les conditions de l'UE. Si Kiev se voit refuser ce régime, les Ukrainiens prendront cette décision comme une punition de la part de l'UE, a-t-il ajouté.

« Je ne vois pas pourquoi nous ne disposons pas de ce régime sans visa aujourd'hui », a-t-il affirmé.

EURACTIV a demandé à MM. Khoroshkovsky et Klyuev de commenter les tentatives déjouées d'assassinat du premier ministre russe, Vladimir Poutine, qui auraient eu lieu le même jour.

M. Klyuev a répondu qu'il n'était pas en mesure de fournir des informations supplémentaires sur l'arrestation de deux hommes à Odessa en Ukraine. Ces deux individus sont accusés d'appartenir à un groupe revendiquant un Etat islamiste dans le nord du Caucase en Russie.

« Ce sont les enquêteurs qui sont à présent en charge du dossier et ils pourraient révéler de nouveaux détails par la suite lorsqu'ils le décideront », a déclaré M. Khoroshkovsky.