La Moldavie à la recherche d’experts pour les négociations d’adhésion à l’UE

Alors que la Moldavie se prépare à des négociations approfondies dans le cadre de son processus d’adhésion à l’UE, le manque d’experts qualifiés capables de mener les pourparlers cause des maux de tête à Chișinău.

Euractiv.com
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Les analystes avertissent que le pays ne dispose pas du capital humain nécessaire pour mener le processus de négociation. [SHUTTERSTOCK/Juris Vigulis]

Alors que la Moldavie se prépare à des négociations approfondies dans le cadre de son processus d’adhésion à l’UE, qui devrait débuter d’ici la fin de 2023, le manque d’experts qualifiés capables de mener les pourparlers cause des maux de tête à Chișinău.

En effet, les analystes avertissent que le pays ne dispose pas du capital humain qualifié nécessaire pour mener le processus de négociation.

Selon des études, depuis la proclamation de son indépendance en 1991, la Moldavie a vu un million et demi de ses citoyens sur les quatre millions qu’elle comptait au moment de la chute de l’Union soviétique quitter le territoire.

Plus de 1,3 million de Moldaves ont obtenu la nationalité roumaine et plus de 100 Moldaves travaillent à Bruxelles, dont beaucoup pour les institutions européennes.

Alexandrina Robu, une citoyenne moldave qui s’est installée à Bruxelles il y a plus de cinq ans, a obtenu son master et son doctorat au Collège d’Europe et travaille aujourd’hui comme assistante au Parlement européen.

Elle nourrit l’espoir de faire partie de l’équipe moldave responsable des négociations d’adhésion à l’Union.

« Par rapport à d’autres pays candidats, la Moldavie dispose déjà de ressources humaines bien formées qui travaillent à Bruxelles et connaissent les processus internes. Il n’est donc pas nécessaire de perdre du temps pour former des experts en affaires européennes », explique Mme Robu.

Marian Cepoi a également fait ses études au Collège d’Europe et travaille depuis 2017 à la Commission européenne.

Selon lui, les ressources hautement qualifiées à Chișinău sont toutefois limitées, en particulier dans le domaine des affaires européennes.

En outre, il note qu’à Bruxelles, il y a une grande communauté de Moldaves qui travaillent dans les institutions européennes, ce qui est surprenant pour un État qui n’est pas membre de l’UE.

Une équipe d’experts stable

L’eurodéputée sociale-démocrate roumaine Corina Crețu a confié à EURACTIV que la Moldavie avait déjà besoin de créer son « organisation d’experts », avertissant que ce groupe devrait rester permanent et ne pas varier « en fonction de la politique ».

L’eurodéputée a déclaré que cette équipe devrait être capable de mettre en œuvre les fonds de préadhésion lorsque le processus de négociation commencera.

D’un point de vue politique, Mme Crețu a réitéré sa demande d’une « procédure accélérée pour la Moldavie, qui est très fragile et a besoin de l’aide de l’UE ».

« Elle ne peut pas rester comme une feuille emportée par le vent », a-t-elle déclaré, ajoutant que les Moldaves devraient bénéficier d’une certaine « perspective ».

« Ils disposent encore d’un faible niveau de vie : la pauvreté est très élevée. C’est l’été maintenant, mais il est probable que les problèmes [d’approvisionnement en] gaz réapparaîtront bientôt », a-t-elle ajouté.

Tout comme l’Ukraine, la Moldavie a obtenu le statut de pays candidat à l’adhésion à l’Union en juin 2022. Depuis lors, les autorités de Chișinău n’ont réussi à mettre en œuvre que trois des neuf recommandations émises par la Commission, selon un rapport de l’exécutif européen.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]