La nomination de Tonio Borg divise les socialistes sur les droits des homosexuels

Les législateurs européens ont confirmé la nomination de Tonio Borg aujourd’hui (21 novembre) à Strasbourg. Les Socialistes & Démocrates (S&D) sont toutefois divisés après que leur opposition au candidat maltais au poste de commissaire en charge de la santé a été rejetée par les eurodéputés.

/ EURACTIV.fr
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Les législateurs européens ont confirmé la nomination de Tonio Borg aujourd’hui (21 novembre) à Strasbourg. Les Socialistes & Démocrates (S&D) sont toutefois divisés après que leur opposition au candidat maltais au poste de commissaire en charge de la santé a été rejetée par les eurodéputés.

 

Quelque 386 eurodéputés ont voté en faveur de la nomination de Tonio Borg, 281 contre et 28 se sont abstenus.

 

Les 270 eurodéputés du Parti populaire européen ont décidé de voter en faveur de M. Borg après son audition au Parlement à Bruxelles la semaine dernière. Les votes des autres partis étaient donc décisifs pour obtenir une majorité.

 

L’Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) et les Verts/Alliance libre européenne se sont opposés à la nomination du Maltais. Au cours d'une réunion mardi soir (20 novembre), deux tiers du groupe S&D s'est opposé à la nomination de M. Borg, dont les points de vue conservateurs sur l'avortement et le mariage homosexuel inquiètent les représentants.

 

La pire division depuis la question sur le nucléaire

 

Le désaccord entre les eurodéputés au cours de la réunion n'a pas laissé d'autre choix à la présidente autrichienne du parti, Hannes Swoboda, que de permettre aux eurodéputés de voter librement étant donné que le scrutin était secret et que les représentants auraient pu aisément désobéir à la ligne du parti.

 

Un fonctionnaire du Parlement a expliqué à EURACTIV que ce désaccord était le pire jamais connu au sein du groupe S&D depuis la division profonde entre les législateurs sur la question de l'énergie nucléaire.

 

« D’habitude, le groupe S&D fait tout son possible pour rester uni et en général, il s'agit d'un des groupes les plus efficaces à ce sujet », selon ce fonctionnaire.

 

« Une des questions posées par les eurodéputés partisans de M. Borg était : “Qui trouverez-vous à Malte qui soit plus progressiste sur la question de l'avortement ?” » a-t-il ajouté.

 

Selon ce fonctionnaire ; des eurodéputés français du S&D, qui ont décidé de voter en bloc contre la nomination de M. Borg, se sont inquiétés de ses points de vue sur la cohabitation des homosexuels alors que la France est le théâtre d'un mouvement en faveur de droits supplémentaires pour les cohabitants homosexuels.

 

M. Borg avait réussi haut la main l'audition parlementaire de trois heures le 13 novembre, même si des eurodéputés des commissions parlementaires de l'environnement, du marché interne et de l'agriculture ont posé maintes questions concernant son avis sur l'avortement et les droits des homosexuels.

 

>> Lire : Tonio Borg réussit haut la main son audition parlementaire

 

Les résultats de M. Borg seront examinés par ses détracteurs

 

Les eurodéputés des partis qui se sont opposés à la nomination du vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères de Malte ont indiqué que sa nomination sur le fil impliquait une surveillance de près de ses résultats afin que leurs préoccupations ne se révèlent pas justifiées.

 

« Après avoir obtenu le soutien d'une majorité au Parlement, il doit maintenant veiller à ne pas laisser ses opinions causer d'obstacle dans le jugement rationnel des questions sensibles concernant la santé et les droits génésiques », a déclaré le Britannique Chris Davies de l’ADLE.

 

Il a ajouté que les eurodéputés de l'ADLE « examineront de très près ses décisions et communiqués dans ces domaines ».

 

« Nous avons lutté pour éviter ce résultat, mais nous devons désormais nous assurer qu'il respecte ses déclarations prononcées lors de l'audition au Parlement, qu'il assume son devoir de respect de la non-discrimination dans les politiques de santé et des consommateurs et qu'il défende les traités », a affirmé l'eurodéputée allemande Gabi Zimmer, le président de la Gauche unitaire européenne/gauche verte nordique.

 

Dans les prochains jours, le Conseil devrait maintenant finaliser la nomination de M. Borg, qui sera alors à même d'exercer sa fonction de commissaire, remplaçant John Dalli.