La note du Portugal dégringole de quatre crans

L’agence américaine Moody’s doute de la capacité du pays à assainir ses finances publiques.

EURACTIV.fr

L’agence américaine Moody’s doute de la capacité du pays à assainir ses finances publiques.

Les pays de la périphérie sont dans le viseur des agences de notation, et elles leur font savoir. Le mois dernier, Standard and Poor’s abaissait la note de la Grèce à CCC, qualifiant sa dette d’« extrêmement spéculative ». Le 5 juillet, c’est au tour de l’agence Moody’s de faire dégringoler celle du Portugal de quatre crans. D’une qualité moyenne (Baa1), les obligations du pays deviennent « spéculatives » (Ba2).

L’agence américaine reste circonspecte sur la capacité du Portugal à atteindre ses objectifs en matière de réduction du déficit et de stabilisation de la dette. Elle pronostique également l’intervention d’un deuxième plan de sauvetage avant que le pays ne puisse de nouveau emprunter sur les marchés internationaux.

« Un peu extrême »

Pour Felipe Garcia, directeur du cabinet de consultants Informacao de Mercados Financeiros, à Porto, la décision de Moody’s est « un peu extrême » et aggrave selon lui les inquiétudes portant sur la dette du pays.

Pour ce spécialiste, l’agence néglige la « volonté politique de l’Union européenne d’éviter un défaut ». Le gouvernement portugais a quant à lui souligné que la note n’était pas représentative des efforts déployés par les pouvoirs publics. La semaine dernière encore, le pays a annoncé un impôt exceptionnel sur les primes de fin d’année. Une mesure qui va au-delà des exigences posées par l’UE et le FMI dans le cadre du plan de 78 milliards d’euros accordé l’an dernier et réparti sur trois ans.

Réagissant à la nouvelle sur Europe 1 mercredi 6 juillet, le ministre des Finances François Baroin a estimé que “le regard d’une agence de notation” n’allait pas “régler la question des dettes souveraines”. “Nous faisons confiance au Portugal”, a-t-il insisté.