La nouvelle première ministre polonaise, dame de fer ou marionnette ?
Le prochain président du Conseil, Donald Tusk, entrera en fonction le 1er décembre. Ewa Kopacz, sa remplaçante au poste de premier ministre, a la lourde tâche de mettre sur pied un nouveau gouvernement. Un article d'EURACTIV Pologne.
Le prochain président du Conseil, Donald Tusk, entrera en fonction le 1er décembre. Ewa Kopacz, sa remplaçante au poste de premier ministre, a la lourde tâche de mettre sur pied un nouveau gouvernement. Un article d’EURACTIV Pologne.
Un jeu de chaise musicale se déroule au sein du gouvernement polonais. Au cours des 11 dernières années à la tête du parti au pouvoir Plateforme civique, Donald Tusk a sécurisé sa position de « seul et unique leader ». Il a en effet éliminé ses concurrents politiques et s’est assuré le soutien de partisans fidèles. L’une d’entre eux, Ewa Kopacz, a d’ailleurs hérité du poste de premier ministre.
Diplômée de médecine, elle a fait son entrée en politique en 2001 comme députée. Elle a ensuite grimpé petit à petit les échelons, passant à la tête de la commission parlementaire sur la santé, puis présidente de la Chambre basse du Parlement polonais (Sejm). Elle était d’ailleurs la première femme à occuper ce poste qui est considéré comme le deuxième plus important dans l’Etat polonais. Le 22 septembre, elle prêtera serment en tant que premier ministre. Elle sera la deuxième à ce poste, après Hanna Suchocka, qui a dirigé le gouvernement entre 1992 et 1993.
Même si elle a de l’expérience, elle est peu entourée au niveau politique. Tout le pouvoir en Pologne est concentré sur Donald Tusk et gravite autour de lui. Maintenant que l’entourage de Donald Tusk s’en va à Bruxelles, d’autres espèrent l’accompagner.
Manque de charisme ?
Ewa Kopacz pourrait choisir les bonnes personnes, mais sera-t-elle une leader digne de ce nom ? Les politologues polonais en doutent : ils évoquent son manque de charisme. En outre, au sein de son parti, elle est trop émotive et a été promue non pas pour ses compétences, mais pour sa loyauté. Cependant, personne ne sait comment elle gérera le parti dont elle a hérité.
Elle est confrontée à une lourde tâche : des élections locales se profilent en novembre et les élections législatives en automne 2015. Ewa Kopacz dispose de tout juste un an pour faire ses preuves : asseoir son pouvoir, démontrer qu’elle peut gérer de manière adéquate la transition gouvernementale et qu’elle peut être un nouveau leader de la scène politique polonaise. Selon des politologues, sa tâche pourra même rencontrer un plus franc succès si elle se concentre sur les questions sociales, omises par les gouvernements précédents. Ewa Kopacz pourrait également décider de devenir une ambassadrice de Donald Tusk, en obéissant aux ordres donnés par son mentor, depuis Bruxelles.
Ewa Kopacz présentera son nouveau gouvernement le 18 septembre au président. Elle présentera son équipe le lendemain matin. Le 22 septembre, elle entrera officiellement en fonction. Le 1er octobre, le nouveau gouvernement devra faire l’objet d’un vote de confiance au Parlement.
Selon des rumeurs, Rados?aw Sikorski, le ministre polonais des Affaires étrangères très médiatisé, remplacerait Ewa Kopacz, au poste de président de la Chambre basse.