La Pologne va demander 1 300 milliards d’euros de réparations de guerre à l’Allemagne

A l’occasion du 83e anniversaire de l’invasion allemande de la Pologne jeudi (1e septembre), des représentants du parti au pouvoir, le parti Droit et Justice (PIS), ont déclaré qu’ils exigeraient de l’Allemagne environ 1 300 milliards d’euros de réparations de guerre.

EURACTIV Pologne
Ruling Law and Justice party congress in Marki
Les représentants du PiS, parmi lesquels se trouve son président Jarosław Kaczyński et le Premier ministre du pays Mateusz Morawiecki, ont convoqué une conférence de presse jeudi 1er septembre sur la question. [EPA-EFE/Radek Pietruszka POLAND OUT]

A l’occasion du 83e anniversaire de l’invasion allemande de la Pologne jeudi (1e septembre), des représentants du parti au pouvoir, le parti Droit et Justice (PIS), ont déclaré qu’ils exigeraient de l’Allemagne environ 1 300 milliards d’euros de réparations de guerre.

Les représentants du PiS, parmi lesquels se trouve son président Jarosław Kaczyński et le Premier ministre du pays Mateusz Morawiecki, ont convoqué une conférence de presse jeudi.

L’élément central de cette conférence était la publication d’un rapport préparé par une commission parlementaire spéciale d’experts sur la valeur estimée des pertes subies par la Pologne suite à la Seconde Guerre mondiale.

En additionnant la perte de capital humain, le montant des dommages causés aux bâtiments et aux infrastructures, et les réparations pour les crimes commis par l’Allemagne nazie, les responsables politiques ont évalué à 6,2 trillions de zlotys (1 300 milliards d’euros) les pertes totales subies par la Pologne pendant l’occupation allemande.

« De telles questions [comme les réparations] doivent être défendues, parfois pendant de nombreuses années. Nous ne promettons pas un succès immédiat. Nous disons seulement que c’est un devoir polonais, pour combler un certain manque, un certain manque dans notre activité en tant qu’État souverain, que de signaler enfin quelque chose qui aurait dû être signalé depuis longtemps », a déclaré M. Kaczynski.

Les politiques de l’opposition sont peu favorables à cette idée.

« Je ne pense pas que notre futur gouvernement, composé de groupements démocratiques, reviendra sur la question des réparations de guerre de l’Allemagne », a déclaré le député libéral de la Plateforme civique (PO) Grzegorz Schetyna.

« Bien sûr, la guerre n’est pas une question réglée et nous devrions en parler avec l’Allemagne, mais ce que fait le PiS aujourd’hui revient à nier le dialogue : il exploite la douleur des victimes et ternit la mémoire », a estimé Szymon Holownia, leader du parti centriste Pologne 2050. « La campagne anti-allemande menée par le parti Droit et Justice est honteuse », a-t-il poursuivi.

Le 24 août 1953, la Pologne, alors membre du bloc de l’Est, a renoncé aux réparations de guerre de la partie allemande. À l’époque, on considérait que les terres reprises par la Pologne aux Allemands étaient suffisantes pour compenser six années d’occupation.

La situation a également été commentée par un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, qui a brièvement déclaré que « la question des réparations à la Pologne faisait partie du passé ».