La position sur la Russie n’est pas le facteur décisif d'entente pour les Patriotes pour l’Europe

Le nouveau groupe parlementaire européen Patriotes pour l’Europe est sous le feu des critiques depuis sa création, car les partis membres ont des positions différentes sur la Russie et sa guerre en Ukraine.

EURACTIV République tchèque
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Le président du mouvement Action des citoyens mécontents (ANO) Andrej Babis (gauche), Herbert Kickl (centre), chef du Parti de la liberté d’Autriche (FPO) et le Premier ministre hongrois et président du Fidesz, Viktor Orban (droite) font des déclarations lors de la conférence de presse conjointe à Vienne, en Autriche, le 30 juin 2024. [TOBIAS STEINNMAURER/AFP]

Le nouveau groupe parlementaire européen Patriotes pour l’Europe est sous le feu des critiques depuis sa création, car les partis membres ont des positions différentes sur la Russie et sa guerre en Ukraine.

Néanmoins, selon le parti ANO de l’ancien Premier ministre tchèque Andrej Babiš, qui est l’un des plus grands mouvements au sein du groupe nouvellement formé, les partis membres ne sont pas « à la recherche d’alliés qui auraient le même point de vue sur la Russie ».

« Nous cherchons des alliés qui partagent la même vision du fonctionnement de l’Union », a déclaré le vice-président d’ANO, Karel Havlíček, lundi (8 juillet) lors de la conférence de presse du parti tchèque après le lancement du groupe politique.

Selon Karel Havlíček, l’opinion d’ANO n’a pas changé : le parti continue de critiquer l’agression russe. Il a même condamné la nouvelle frappe aérienne sur l’Ukraine, qui a notamment détruit un hôpital pour enfants.

Le nouveau groupe politique Patriotes pour l’Europe est confronté à des critiques, notamment de la part du Premier ministre tchèque Petr Fiala (ODS, Conservateurs et Réformistes européens/CRE). Ce dernier est connu pour son fort soutien à l’Ukraine, comme en témoigne sa visite à Kiev moins d’un mois après le début de l’agression russe en février 2022.

« Appelons un chat un chat. Les Patriotes pour l’Europe servent les intérêts de la Russie. Consciemment ou inconsciemment. Et ce faisant, ils menacent la sécurité et la liberté de l’Europe », a écrit Petr Fiala sur X lundi.

Andrej Babiš a dénoncé les accusations du Premier ministre tchèque en les qualifiant d’« absurdités ». « C’est la même vieille chanson que même le Premier ministre ne peut pas croire », a-t-il déclaré. « J’aimerais aussi cela [la défaite de la Russie], alors laissons-le [Petr Fiala] faire en sorte que cela se produise », a ajouté Andrej Babiš. La paix et la fin des combats sont les priorités de l’ANO, a-t-il poursuivi.

Les visites de Viktor Orbán à Moscou et à Pékin ? « Au moins, il fait quelque chose »

Cette critique intervient directement après les déplacements du Premier ministre hongrois Viktor Orbán à Moscou et à Pékin pour lesquels Andrej Babiš a pris la défense de Viktor Orbán.

« [Viktor] Orbán occupe la présidence de l’UE et, contrairement au [Premier ministre Petr] Fiala, il fait quelque chose à ce sujet [la guerre en Ukraine] », a affirmé Andrej Babiš. L’ancien Premier ministre tchèque s’attend à ce que Viktor Orbán présente les résultats aux principaux dirigeants mondiaux lors de la réunion de l’OTAN à Washington.

Le pays qui préside le Conseil de l’UE n’est toutefois pas responsable de la politique étrangère et de sécurité de l’UE, comme c’était le cas dans le passé, avant les changements apportés par le traité de Lisbonne. Cette politique relève désormais de la compétence du Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et, dans une certaine mesure, du président du Conseil européen.