La préférence nationale, nouvelle priorité de David Cameron

Le premier ministre britannique durcit le ton à l'égard des travailleurs européens installés sur le sol britannique. L'accès au système de santé, au logement social ou encore aux allocations de chômage, ne sera plus aussi généreux.

EURACTIV.fr

Le premier ministre britannique durcit le ton à l’égard des travailleurs européens installés sur le sol britannique. L’accès au système de santé, au logement social ou encore aux allocations de chômage, ne sera plus aussi généreux.

Depuis des mois, le premier ministre britannique s’active pour donner des gages de souveraineté à ses électeurs. La relation du pays à l’UE est en train d’être remodelée à mesure que le pays songe à s’affranchir des règles européennes dans divers domaines (social, pêche, etc)

Ses déclarations du 25 mars ouvrent le débat sur le traitement réservé aux ressortissants européens, auxquels David Cameron a souhaité envoyer un « message très clair ».

Face à la crise économique, le pays s’apprête à introduire un système à deux vitesses où les droits sociaux seront avant tout ouverts aux Britanniques, au détriment des citoyens de l’UE, de Norvège, d’Islande et du Lichstenstein. Le service national de santé, lance l’hôte de Downing Street, « n’est pas un service international ».

Pour y avoir accès, les citoyens originaire de l’Espace économique européen devront avoir au préalable souscrit à une police d’assurance privée et les frais qui leur seront appliqués pourront être plus élevés. Une façon d’éviter le « tourisme sanitaire », estime le gouvernement.

L’obtention d’allocations de chômage sera elle aussi durcie. Les actifs européens pourront les percevoir au-delà de 6 mois seulement s’ils parviennent à prouver qu’ils « ont cherché activement du travail pendant cette période et qu’ils ont des chances d’en trouver un ». Selon des chiffres rapportés par le quotidien britannique The Guardian, 13 000 personnes ont introduit des demandes d’indemnités de chômage depuis 2004, sur un contingent de 2 millions de travailleurs issus des pays d’Europe de l’Est, soit 0,65%.

Autre exemple, le logement social. Les non Britanniques devront se fixer dans une région donnée pendant 2 à 5 ans avant de pouvoir être inscrits sur les listes d’attente des bailleurs sociaux. Le but : éviter qu’un étranger fraîchement arrivé « demande immédiatement l’accès au logement social ».

L’ensemble de ces mesures seront examinées par la Commission européenne, qui veut s’assurer de l’absence de violation du droit communautaire. En pratique, elles visent surtout à décourager l’entrée au Royaume-Uni des populations d’Europe de l’Est, principalement roumaines et bulgares.