La vacance du pouvoir en Italie et en Grèce inquiète l'UE

Alors que le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, s'apprête à démissionner et que les négociations sur la formation d'une coalition se poursuivent en Grèce, l'UE craint qu'un vide politique dans ces deux pays n'aggrave la crise de la dette souveraine.

/ EURACTIV.fr
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Alors que le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, s'apprête à démissionner et que les négociations sur la formation d'une coalition se poursuivent en Grèce, l'UE craint qu'un vide politique dans ces deux pays n'aggrave la crise de la dette souveraine.

Le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, a annoncé hier (8 novembre) qu'il démissionnerait, dans la mesure où il ne jouit plus d'une majorité au parlement.

Le gouvernement de M. Berlusconi a adopté un projet de loi budgétaire crucial hier, grâce à l'abstention de l'opposition de centre-gauche. Il n'a toutefois récolté que 308 votes sur 630 à la chambre basse ; il lui manquait donc 8 votes pour constituer une majorité.

M. Berlusconi a choisi l'une de ses chaînes télévisées pour annoncer que la seule option serait d'organiser des élections anticipées et qu'il démissionnerait la semaine prochaine, lorsque le parlement aurait adopté les réformes budgétaires réclamées par les dirigeants européens.

Drame à l'italienne

Le départ de Silvio Berlusconi de la scène politique italienne qu'il a dominé ces 17 dernières années n'augure par forcément d'une résolution rapide des problèmes du pays.

Selon certains analystes, l'Italie ne pourrait pas suivre les pas de la Grèce et tenter de mettre sur pied un gouvernement d'unité nationale.

Malgré plusieurs départs, le parti du Peuple de la liberté de M. Berlusconi reste le plus largement représenté au parlement. Umberto Bossi, le leader de la Ligue du Nord, allié versatile de M. Berlusconi, a déclaré que l'ancien ministre de la justice Angelino Alfano pourrait diriger le nouveau gouvernement.

Il reviendra toutefois au président, Giorgio Napolitano, de nommer un nouveau dirigeant ou de demander la tenue d'élections anticipées, probablement au mois de janvier.

En attendant, M. Berlusconi restera à son poste pour assurer l'intérim.

Selon de nombreux analystes cités par Reuters, le pire scénario serait caractérisé par des semaines, voire des mois d'instabilité et d'inertie en matière de réforme.

Dans le même temps, les marchés financiers semblent ne plus croire en la capacité de l'Italie à adopter les réformes budgétaires réclamées par les dirigeants européens. Les rendements des obligations souveraines ont atteint un taux record de 6,8 % hier, ce qui signifie que la dette italienne de près de 2000 milliards d'euros pourrait bientôt devenir ingérable.

En Grèce, les négociations s'éternisent

En Grèce, les dirigeants peinent à composer un nouveau gouvernement de coalition qui devrait être dirigé par l'ancien vice-président de la Banque centrale européenne, Lucas Papademos.

La presse grecque a rapporté que M. Papademos souhaiter imposer des conditions que les partis politiques ne pourraient pas accepter.

Le parti Nouvelle démocratie de centre-droit, qui s'opposait encore il y a peu aux mesures d'austérité réclamées par l'UE en échange du programme de renflouement, reviendrait à ses positions radicales.

L'UE a exigé un engagement écrit stipulant que le gouvernement d'unité nationale ferait passer l'accord de renflouement de 130 milliards d'euros au parlement avant l'organisation d'élections anticipées.

« Il est en effet essentiel que le nouveau gouvernement s'engage par écrit de manière explicite et sans équivoque à respecter les décisions prises par les Dix-Sept [pays de la zone euro] le 27 octobre », a déclaré lundi Olli Rehn, le commissaire aux affaires économiques et monétaires, suite à une réunion des ministres des finances de la zone euro.

« La 6e tranche pourra être versée une fois que la situation sera claire quant aux engagements pris dans le cadre du second programme. Athènes doit comprendre que la solidarité s'opère dans les deux sens et que nous attendons qu'une classe politique unie prenne ses responsabilités dans ce projet », a déclaré M. Rehn.

L'Italie sous surveillance

A propos de l'Italie, M. Rehn a indiqué que la Commission mettrait en place un système de surveillance similaire à celui déjà appliqué dans les pays qui ont bénéficié d'un renflouement de l'UE et du FMI. « La Commission a envoyé un questionnaire à Rome vendredi dernier et notre mission de surveillance commencera demain [8 octobre] ou mercredi. Je présenterai notre évaluation à l'Eurogroupe plus tard ce mois-ci ».

« Il ne s'agit que de la première étape de la surveillance renforcée de l'Italie par la Commission. Des contrôles réguliers seront effectués pour évaluer les progrès réalisés dans la mise en oeuvre des réformes », a ajouté M. Rehn.