La visite du président tchèque en Irlande suscite une controverse liée au traité [FR]

Le président tchèque Václav Klaus a exaspéré les représentants de la République tchèque tout comme ceux de l’Irlande après avoir annoncé qu’il rencontrerait Declan Ganley, militant très en vue pour le « non » à Lisbonne, à Dublin au cours d’un visite officielle cette semaine (10-12 novembre) en Irlande.

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Le président tchèque Václav Klaus a exaspéré les représentants de la République tchèque tout comme ceux de l’Irlande après avoir annoncé qu’il rencontrerait Declan Ganley, militant très en vue pour le « non » à Lisbonne, à Dublin au cours d’un visite officielle cette semaine (10-12 novembre) en Irlande.

Le président M. Klaus, connu pour ses visions eurosceptiques et son opposition retentissante au traité de Lisbonne (EURACTIV 27/10/08), avait déjà rencontré M. Ganley au mois de juillet. A cette occasion, il lui avait offert de l’aider pour lancer sa plateforme anti-Lisbonne « Libertas » en tant que parti paneuropéen. 

La rencontre entre le président tchèque et M.Ganley a lieu à un moment très délicat dans la saga sans fin de la ratification du traité de Lisbonne. Le gouvernement irlandais devrait en effet présenter sa feuille de route pour une solution à la crise de Lisbonne lors du sommet du Conseil européen qui se tiendra à Bruxelles au mois de décembre. 

Les représentants irlandais ont fait part à EURACTIV de leur profond mécontentement par rapport à la visite, déclarant qu’elle était « très décevante ». « Cette rencontre a servi à ajouter une légitimité douteuse à la plateforme de M. Ganley alors que les relations Irlande-UE traversent une période délicate », on indiqué les sources. 

A Dublin et à Bruxelles, Libertas fait l’objet d’un grand nombre d’allégations, essentiellement sur des prétendues irrégularités dans le financement de la campagne du « non » au traité de Lisbonne (EURACTIV 26/09/08). 

Parallèlement, la République tchèque, qui succédera à la France à la présidence de l’UE en janvier 2009, est confrontée à son propre dilemme par rapport au traité de Lisbonne. En effet, la semaine dernière, la Cour constitutionnelle tchèque a reporté sa décision sur la constitutionalité du traité de Lisbonne à la suite d’une intervention du président M. Klaus. 

Il est donc très probable que le gouvernement tchèque n’arrive pas à ratifier le traité avant le début de sa présidence contrairement à ce qui était espéré. 

Autre rebondissement, le maire de Prague Pavel Bem, qui a annoncé récemment son intention de contester le leadership des civiques démocrates (ODS) au pouvoir lors du congrès du parti au mois de décembre, a déclaré qu’il était opposé au traité de Lisbonne. A l’instar du président Klaus, M. Bem considère que le traité est un document mort. 

Lundi 10 novembre, les représentants tchèques n’étaient pas disponibles pour commenter la question.