L’Allemagne reconsidère sa position contre l'envoi d'avions de chasse à l'Ukraine

Le gouvernement allemand est en train de réexaminer sa contribution potentielle à la « coalition internationale » récemment promise pour fournir des avions de combat et dispenser une formation à l’Ukraine.

EURACTIV Allemagne
Berlin
« Nous sommes en train d’examiner les quelques possibilités concevables qui s’offrent à nous et nous annoncerons ensuite si nous pouvons et voulons contribuer », a déclaré M. Pistorius mardi (24 mai), avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Bruxelles. [[EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]]

Le gouvernement allemand est en train de réexaminer sa contribution potentielle à la « coalition internationale » récemment promise pour fournir des avions de combat et dispenser une formation à l’Ukraine.

C’est ce qu’a déclaré le ministre de la Défense Boris Pistorius, après avoir précédemment indiqué que son pays ne pouvait pas apporter son aide en raison du manque d’avions F-16.

La semaine dernière, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont appelé à la mise en place d’une coalition internationale d’avions de combat, à laquelle plusieurs pays, dont la France, la Belgique et le Portugal, se sont joints depuis.

« Nous sommes en train d’examiner les quelques possibilités concevables qui s’offrent à nous et nous annoncerons ensuite si nous pouvons et voulons contribuer », a déclaré M. Pistorius mardi (24 mai), avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Bruxelles.

Il a ajouté que les possibilités de participation de l’Allemagne seraient « limitées ».

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a donné un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler le soutien de l’Allemagne : il a indiqué à Bruxelles qu’il saluait la décision de plusieurs membres de l’OTAN, « dont l’Allemagne, de commencer à former des pilotes ».

Les réticences initiales de l’Allemagne s’expliquent par l’absence d’avions F-16 dans son armée, les modèles que l’alliance souhaite fournir.

M. Scholz a précisé la semaine dernière qu’il n’y avait « aucune demande » de contribution de la part de l’Allemagne, tandis que M. Pistorius a fait valoir que l’Allemagne ne disposait ni de la capacité ni de la compétence nécessaires pour apporter son aide. Mardi (22 mai), M. Pistorius a également exclu toute crainte d’escalade potentielle liée à l’envoi d’avions.

Toutefois, la ligne d’argumentation officielle de l’Allemagne a été mise sous pression depuis que des pays tels que la France et le Royaume-Uni ont offert leur soutien bien qu’ils ne disposent pas de F-16.

En outre, le gouvernement américain a rapidement fait savoir qu’il approuvait la livraison d’avions de guerre américains, une décision qui, selon M. Pistorius, faisait partie des conditions préalables à toute décision concernant les avions de combat.

Les partisans des livraisons d’avions de guerre au sein de la coalition de M. Scholz ont également commencé à rompre les rangs.

Michael Roth, président de la commission parlementaire des Affaires étrangères et député social-démocrate, a déjà appelé l’Allemagne à rejoindre l’alliance des avions de combat.

« Nous ne livrerons pas d’avions nous-mêmes parce que nous n’en possédons pas, mais nous pouvons aider sur le plan de la logistique et peut-être même du financement », a-t-il confié à Deutschlandfunk mardi (22 mai).