L'Allemagne répond par la solidarité aux demandes de réparation de la Pologne

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a voulu faire preuve d’harmonie lors d’une visite à Varsovie, après que le ministre polonais des Affaires étrangères, Zbigniew Rau, a signé une note diplomatique demandant officiellement des réparations de guerre.

/ EURACTIV Allemagne / EURACTIV Pologne
Protests against German Chancellor Merkel in Poland for German-Polish intergovernmental consultations
Alors que Mme Baerbock n’a assisté qu’aux célébrations de l’anniversaire de la réunification allemande lundi, elle doit s’entretenir avec M. Rau mardi matin.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a tenu à faire preuve d’harmonie lors d’une visite à Varsovie, quelques heures après que le ministre polonais des Affaires étrangères, Zbigniew Rau, a signé une note diplomatique dans laquelle le pays demande officiellement des réparations pour les dommages causés lors de la Seconde Guerre mondiale.

La ministre écologiste s’est rendue à Varsovie lundi (3 octobre), jour de l’anniversaire de la réunification allemande, pour « reconnaître la contribution des courageux Polonais à la réunification », selon le ministère.

« Nous le savons : ces temps-ci, l’Europe est plus forte lorsqu’elle est unie », a déclaré Mme Baerbock dans un communiqué à propos de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Elle a ajouté que s’entretiendrait avec son homologue polonais sur la manière dont les deux pays peuvent, conjointement, renforcer leur soutien à l’Ukraine.

Quelques heures plus tôt, cependant, le ministre polonais des Affaires étrangères, Zbigniew Rau, a adressé à Berlin une note diplomatique officialisant la demande de réparations de guerre d’une valeur de 1 300 milliards d’euros à l’Allemagne — une somme que le parti au pouvoir Droit et Justice (PiS) a mise sur la table pour la première fois à la mi-septembre.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2015, le parti PiS a longtemps insisté sur le fait que la Pologne n’avait jamais reçu de compensation pour son occupation par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

La note « exprime la position du ministre polonais des Affaires étrangères selon laquelle les parties devraient prendre des mesures immédiates pour régler de manière permanente et efficace […] la question des conséquences de l’agression et de l’occupation allemande », a déclaré M. Rau lors d’une conférence de presse, comme le rapporte EURACTIV Pologne.

Il a déclaré que l’Allemagne devait faire des efforts pour informer sa société des conséquences désastreuses de la guerre sur la Pologne, ajoutant que la note soulèverait également la question des œuvres d’art, des archives et des dépôts bancaires pillés.

Les sondages montrent que la demande de réparation du gouvernement est soutenue par les Polonais. En effet, 52,1 % d’entre eux estiment que les demandes de Varsovie sont justifiées.

Les données des sondages semblent également indiquer que la pression exercée par le parti au pouvoir, le PiS, vise à galvaniser sa base électorale en vue des élections législatives et municipales de 2023. Pas moins de 97 % des électeurs du PiS estiment que la Pologne a raison de demander des réparations, contre 48 % des partisans de l’opposition.

En 1953, le gouvernement communiste polonais de l’époque avait renoncé à toute demande de réparations de guerre, mais le PiS affirme que l’accord n’était pas valable, car il a été signé sous la pression de l’Union soviétique qui contrôlait la Pologne à l’époque.

Alors que Mme Baerbock n’a assisté qu’aux célébrations de l’anniversaire de la réunification allemande lundi, elle devait s’entretenir avec M. Rau mardi matin. Ces entretiens porteront sur « toutes les questions pertinentes quant aux relations germano-polonaises », a déclaré un porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères à la télévision publique allemande.

« Et la note diplomatique est probablement l’une des plus importantes », a-t-il ajouté.