L'Autriche exige une refonte des règles migratoires européennes
La Commission européenne doit prendre des mesures immédiates pour corriger le système migratoire en application aujourd'hui, alors que la charge qui pèse sur l'Autriche est plus élevée que dans les autres États membres, selon le chancelier Karl Nehammer.
La Commission européenne doit prendre des mesures immédiates pour corriger le système migratoire en application aujourd’hui, alors que la charge qui pèse sur l’Autriche est plus élevée que dans les autres États membres, a déclaré le chancelier Karl Nehammer avant un voyage à Chypre lundi (11 juillet).
Selon les données du ministère de l’intérieur, l’Autriche est le deuxième pays de l’UE en termes de nombre de réfugiés par habitant, juste derrière Chypre. Au cours des six premiers mois de 2022, le nombre de demandeurs d’asile a explosé de 185 %. Selon M. Nehammer, 80 % de ces demandeurs d’asile se rendent en Autriche de manière illégale.
« Un nouveau système de migration et d’asile est nécessaire en l’Europe. La situation actuelle ne peut et ne doit plus durer. Il est inacceptable que l’on confonde migration économique et réfugiés », a souligné M. Nehammer avant son voyage à Chypre pour aborder le sujet de la politique migratoire.
L’UE a déjà commencé à lancer un mécanisme de solidarité volontaire en juin, qui prévoit la relocalisation des réfugiés ainsi qu’une aide financière pour ls États membres les plus touchés par les vagues migratoires.
« Treize États membres sont d’ores et déjà prêts à procéder à la relocalisation. Et jusqu’à présent, ils ont atteint le chiffre de plus de 1 000 relocalisations », a déclaré la commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johannson, aux ministres de l’intérieur de l’UE réunis à Prague lundi.
Alors que Mme Nehammer plaide pour une refonte du système migratoire européen, l’Autriche n’a pas participé au mécanisme de solidarité volontaire de l’UE, car le pays rejette strictement la relocalisation obligatoire des migrants entre les États membres.
Vienne mise plutôt sur des contrôles plus stricts aux frontières et un rapatriement plus rapide des migrants en situation irrégulière.
« Nous avons besoin d’une protection robuste des frontières extérieures et d’un mandat beaucoup plus fort pour les agents de FRONTEX sur le terrain », a déclaré M. Nehammer.
Le ministre conservateur de l’intérieur, Gerhard Karner, a également souligné la nécessité d’un rapatriement plus rapide des migrants clandestins et a proposé un modèle similaire à l’accord conclu par le Royaume-Uni avec le Rwanda, selon lequel les migrants clandestins sont renvoyés dans le pays africain sans avoir la possibilité de faire une demande d’asile.
La politique britannique a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme, qui a mis fin aux vols d’expulsion du Royaume-Uni vers le Rwanda à la mi-juin.
Malgré ces défis juridiques, Karner a déclaré que le modèle pourrait également être applicable à l’UE. « Je sais que ce n’est pas juridiquement possible pour le moment, mais nous devrions en discuter et en parler », a déclaré M. Karner.