Le Cavaliere en mauvaise posture
Le président du Conseil italien vient d’essuyer une cuisante défaite dans son fief électoral. La reprise de son procès pour recours à la prostitution de mineures pourrait encore affaiblir le poids de Silvio Berlusconi.
Le président du Conseil italien vient d’essuyer une cuisante défaite dans son fief électoral. La reprise de son procès pour recours à la prostitution de mineures pourrait encore affaiblir le poids de Silvio Berlusconi.
« Plus que Milan et Naples : la défaite de Berlusconi », peut-on lire, mardi 31 mai, en une du quotidien iatlien, La Republica.
Le leader du parti du Peuple de la Liberté (PDL), a perdu, dimanche 29 mai, les mairies de Naples et Milan.
Face à leurs opposants de gauche, les candidats appuyés par Silvio Berlusconi n’ont pas été reconduits. Un grain de sable dans les rouages de la majorité italienne qui pourrait bien faire vaciller l’omnipotence du président du Conseil.
« Plébiscite raté »
Le Cavaliere perd pour la première fois dans son fief électoral. C’était pourtant un appui fort ces dernières années, qui lui avait permis de revenir au pouvoir en 2008. Cette défaite symbolique est qualifiée par les observateurs italiens de « plébiscite raté », en raison de l’implication personnelle de M. Berlusconi dans cette dernière campagne.
L’image du dirigeant italien semble donc commencer à s’écailler et la reprise du procès du « Rubygate », mardi 31 mai, ne va pas redorer son blason. A 74 ans, Silvio Berlusconi est accusé de recours à la prostitution de mineures, et d’abus de pouvoir. Il risque douze ans de prison.
Cette loi des séries pourrait bien faire vaciller les fondements du pouvoir italien et porter atteinte à la représentation du pays en Europe.
Bas de l’affiche
Dans son éditorial, paru dans la Republica, le journaliste Ezio Mauro titre « Le changement est possible ». Selon lui, cette défaite est un pavé dans la mare, dont les ondes de chocs se feront sentir bien au delà des frontières italiennes. « Berlusconi ne véhicule plus l’image d’un leader sérieux, représentatif de son peuple à l’échelle européenne. »
L’éditorialiste rappelle l’incident diplomatique commis par le président du Conseil lors du G8 de Deauville en décembre 2010. M. Berlusconi avait cherché à attirer l’attention du président Obama sur cette affaire interne de « rubygate » en fustigeant la justice italienne et « ses juges de gauche ».
« A cette occasion, il a perdu la face sur la scène internationale », commente Ezio Mauro.
Le président du Conseil a programmé mardi 31 mai une réunion de la présidence de son parti. L’objectif est de relancer sa formation politique avec des états généraux, des primaires et un nouveau nom.
Opposition
Les nouvelles figures de l’opposition de la gauche italienne constituent une autre menace pour le dirigeant italien. Le chef du parti démocrate Pierluigi Bersani, ancien député européen, semble être de plus en plus un concurrent de taille.
Il a pris plusieurs fois la parole sur les affaires extérieures du pays, au sujet de l’intervention en Libye notamment. Il est également intervenu dans le débat sur les restrcitions de l’espace Schengen à la suite de l’arrivée des migrants tunisiens en appelant au respect de « nos engagements européens ».
« C’est une figure que l’on voit de plus en plus, il pourrait faire de l’ombre au Cavaliere« , conclut l’éditorialiste.
Après la perte des mairies de Lombardie et de Campanie, Silvio Berlusconi a reconnu sa défaite. Mais il bénéficie toujours du soutien de la Ligue du nord.