Amende infligée à Google : l’UE « agressive » selon le représentant américain au commerce

Jamieson Greer met en garde l'Union européenne contre une attitude de plus en plus agressive à l'égard des géants américains de la tech

EURACTIV.com
Jamieson Lee Greer, représentant américain au commerce [Photo : Thierry Monasse/Getty Images]

L’amende de 890 millions d’euros infligée par l’UE à Google risque d’alimenter l’instabilité commerciale transatlantique en cherchant à « cibler les entreprises américaines les plus compétitives », a averti jeudi le représentant américain au commerce, Jamieson Greer.

Qualifiant cette décision de dernier signe en date d’une approche « de plus en plus agressive » de l’UE, Greer a déclaré que l’Union cible injustement les entreprises américaines de la tech les plus compétitives en infligeant à Google la plus lourde amende jamais imposée à une seule entreprise au titre du règlement sur les marchés numériques (DMA).

« À elles seules, les différentes amendes infligées par l’UE à Google représentent plus de 2 % du budget de l’Union – une “contribution” au budget supérieure à celle de nombreux États membres de l’UE », a déclaré le représentant au commerce dans un communiqué. « Si l’on ajoute à cela l’annonce récente du plus gros prêt jamais accordé par l’État à Airbus, il apparaît clairement que l’UE continue de cibler les entreprises américaines les plus compétitives. »

Jeudi, la Commission a annoncé avoir conclu, à l’issue d’une enquête de plus de deux ans, que le géant américain de la tech favorise ses propres services de recherche et recourt à des pratiques anti-orientation dans sa boutique d’applications.

Alors que Washington reste ouvert au dialogue sur le DMA, Greer a également accusé l’Union européenne de « susciter une incertitude massive » concernant les exportations américaines de biens et de services vers l’Europe.

Ses remarques interviennent quelques heures avant l’expiration, le 24 juillet, d’une taxe générale de 10 % sur les importations en provenance des États-Unis. Bruxelles avait précédemment indiqué qu’elle restait dans l’incertitude quant à la manière dont les États-Unis comptaient honorer leur engagement de plafonner à 15 % les droits de douane sur les exportations de l’UE.

Greer a également critiqué la récente décision de la Commission obligeant Google à partager ses données de recherche avec ses concurrents et à accorder aux développeurs tiers d’IA un accès à Android à des conditions comparables à celles de son modèle Gemini, qualifiant ces mesures de transfert forcé de fait de technologie et de propriété intellectuelle.

En début de semaine, 25 sénateurs américains ont exhorté le président Donald Trump à prendre des « mesures décisives » contre l’Union européenne pour empêcher l’application du DMA aux entreprises américaines de la tech.

(jp)