Le centre droit soutiendra M. Barroso à 98% [FR]

Joseph Daul, dirigeant du PPE (centre droit) au Parlement européen, a déclaré que les eurodéputés de son groupe politique soutiendraient la candidature de José Manuel Barroso pour sa reconduction à la tête de la Commission européenne ; il n’a cependant pas écarté la possibilité de votes rebelles lorsque les eurodéputés s’exprimeront plus tard dans le mois.

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Joseph Daul, dirigeant du PPE (centre droit) au Parlement européen, a déclaré que les eurodéputés de son groupe politique soutiendraient la candidature de José Manuel Barroso pour sa reconduction à la tête de la Commission européenne ; il n’a cependant pas écarté la possibilité de votes rebelles lorsque les eurodéputés s’exprimeront plus tard dans le mois.

S’adressant mercredi (2 septembre) à la presse, M. Daul s’est dit confiant dans le fait que le Parti populaire européen (PPE) de centre droit soutiendrait massivement M. Barroso.

Le vote, prévu provisoirement pour le 16 septembre, se tiendra à bulletin secret, ce qui laisse penser que les eurodéputés pourraient être tentés de « laisser leurs sentiments voter », diminuant du même coup les chances de  M. Barroso de se faire élire, même avec l’aval officiel du PPE.

Mais M. Daul a rejeté de telles insinuations. Nous avons eu une réunion hier avec les chefs des délégations nationales au PPE et M. Barroso, et tout s’est bien passé, a dit M. Daul en réponse à une question d’EURACTIV.

Tous les chefs de délégations ont affirmé hier [mardi] qu’ils feraient tout pour s’assurer que tous leurs membres votent en faveur de José Manuel Barroso, a-t-il dit. Les questions étaient très directes, a-t-il expliqué, ajoutant que certains chefs de délégations ont prévu des réunions supplémentaires avec M. Barroso dans les prochains jours pour expliciter certaines questions.

Maintenant, un vote secret reste un vote secret, et vous savez ce que cela signifie, a rappelé M. Daul. Mais de ce que j’ai vu hier, c’est plutôt une certitude à 98 %, 100 % étant impossible à atteindre, a-t-il dit.

Julia De Clerck-Sachsse, chargée de recherche au think tank Centre for European Policy Studies (CEPS), a reconnu qu’il faudrait s’attendre à quelques surprises dans le vote du groupe PPE, affirmant qu’il existait un consensus généralisé autour de M. Barroso. On ne sait jamais, naturellement : un ou deux députés pourraient toujours voter contre lui, a-t-elle cependant averti.

Le programme de vote toujours pas décidé 

M. Daul a ajouté compter sur le sens des responsabilités du groupe socialiste pour ne pas reporter le vote quand les chefs des groupes politiques se rencontreront le 10 septembre pour programmer une date.

Les discussions que j’ai eues avec les socialistes vont dans cette direction, a déclaré M. Daul, précisant que Martin Schulz, dirigeant du groupe socialiste, lui avait confié être prêt à placer le vote dès 16 septembre.

Mais d’autres chefs de groupes politiques – dont Guy Verhofstadt (ADLE, libéraux) et Daniel Cohn-Bendit (Verts) – et des personnalités de gauche s’étaient dits d’un avis différent, déclarant que toute décision devrait attendre le second référendum sur le traité de Lisbonne en Irlande, prévu le 2 octobre. 

Sur la question de savoir si un report par les socialistes remettrait en question un « accord technique » avec le PPE pour partager la présidence du Parlement dans les cinq années à venir, M. Daul a répondu que s’il y avait quelque chose à dire, il le dirait plus tard, après la décision sur le vote Barroso. Je ne suis pas le genre de personne à faire des menaces, a-t-il affirmé.

Le programme de M. Barroso sous surveillance

M. Daul a également déclaré que son groupe allait examiner de près le programme de M. Barroso, expliquant que le PPE s’attendait à un vrai débat sur les priorités du président de la Commission lors des audiences avec les groupes politiques prévues pour les 8 et 9 septembre.

Nous espérons que ce programme reflètera aussi les attentes du PPE, a déclaré M. Daul. Se référant à l’actuelle crise économique et financière, il a souligné la conviction du PPE dans une économie sociale de marché, mettant en avant que le mot « social » faisait aussi partie de l’expression.

Nous nous attendons à ce que le programme de la future Commission reflète cette ambition, a déclaré M. Daul, insistant pour dire que le groupe PPE refusait tous les débats sur les personnes mais s’attachait aux débats sur le fond.

M. Daul a affirmé que le PPE ferait une annonce dans les jours à venir sur le programme de M. Barroso, qui doit être publié mardi (3 septembre).

Probable approbation de la nouvelle Commission dans le cadre du traité de Nice

S’exprimant sur les questions juridiques et institutionnelles, M. Daul a laissé entendre que la nouvelle Commission avait des chances d’être approuvée entièrement sous l’empire des traités actuels, même si les Irlandais devaient approuver le traité de Lisbonne lors du référendum d’octobre.

Notant que les élections au Parlement européen s’étaient tenues en juin dans le cadre du traité de Nice, M. Daul a déclaré que la désignation du collège de commissaires devait être faite en se basant sur les traités en vigueur.

Bien entendu, vous connaissez tous notre engagement en faveur du traité de Lisbonne, a dit M. Daul, ajoutant qu’il ne devrait pas y avoir de vice juridique et que les traités en vigueur devaient être appliqués avec toutes les conséquences que cela pouvait avoir, y compris une Commission réduite si nécessaire.

La présidence suédoise, a-t-il continué, doit s’assurer que la nouvelle Commission est en place avant le 31 décembre et il a suggéré que cela ne serait pas une petite tâche pour les Suédois de faire ratifier le traité d’ici là par tous les Etats membres.

Nous ne pouvons pas attendre un hypothétique traité de Lisbonne, a déclaré M. Daul, se référant aux possibles retards supplémentaires au Sénat tchèque en cas de vote positif des Irlandais en octobre (EURACTIV 24/08/09).

Que va-t-il se passer en République tchèque ? a demandé M. Daul. Aurons-nous la signature du président tchèque Václav Klaus ?, s’est-il demandé. Avec la crise économique et financière actuelle et les négociations importantes sur le changement climatique se profilant à Copenhague en décembre, nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas avoir une Commission en place, a souligné M. Daul.

Et si M. Klaus ne signait pas, cela signifierait qu’il faudrait que nous attendions jusqu’à mars ou avril, a-t-il déclaré. Pouvons nous laisser une seule personne empêcher l’Europe de fonctionner ? Non, selon lui.

Dans ces circonstances, M. Daul a déclaré qu’il souhaitait que des décisions soient prises sous le traité de Nice. Le Conseil européen doit envisager les moyens d’appliquer Nice.