Le gouvernement tchèque face à une menace d’éviction avant le vote du Parlement [FR]
Dimanche (22 mars), un député du parti tchèque au pouvoir a fait pression sur le gouvernement de minorité en déclarant vouloir convaincre deux membres du parti au pouvoir de voter avec l’opposition. Face à une telle action, visant à évincer l’administration de centre-droit, la présidence tchèque pourrait se retrouver en difficulté.
Dimanche (22 mars), un député du parti tchèque au pouvoir a fait pression sur le gouvernement de minorité en déclarant vouloir convaincre deux membres du parti au pouvoir de voter avec l’opposition. Face à une telle action, visant à évincer l’administration de centre-droit, la présidence tchèque pourrait se retrouver en difficulté.
Lors d’un débat télévisé, le député rebelle du parti démocratique civique (ODS), Vlastimil Tlusty, a déclaré que le gouvernement avait commis suffisamment d’erreurs et qu’il était temps pour lui de démissionner.
Il n’a pas directement indiqué qu’il voterait dans le même sens que l’opposition, mais qu’il coordonnerait son vote avec deux membres du parti au pouvoir. Son objectif est par conséquent que ces deux membres s’associent à lui dans ce vote.
Mardi, nous nous mettrons d’accord avec les deux membres du parti au pouvoir, je leur dirais que la coupe est pleine, et que c’en est assez pour un même gouvernement, a déclaré M. Tlusty.
Aucun député indépendant n’a encore indiqué comment il voterait.
Si le gouvernement du Premier ministre et leader de l’ODS, Mirek Topolánek, s’effondre après un vote de défiance mardi, la ratification tchèque du traité de Lisbonne se verrait également menacée.
Le gouvernement, mené par les démocrates civiques de M. Topolánek, dispose de 96 sièges sur les 200 que compte la chambre basse du Parlement, contre 97 pour l’opposition. Les 7 sièges restant sont détenus par des députés indépendants ayant quitté les principaux partis.
Des analystes ont déclaré que les socio-démocrates de l’opposition avaient de bonne chance de renverser M. Topolánek lors du vote de mardi, à mi-mandat de la présidence tchèque de l’UE. Par le passé, les socio-démocrates ont tenté à quatre reprises de renverser l’administration de M. Topolánek, qui a été ébranlée par une série de défections.
Si le gouvernement perd le vote de défiance, cela n’entraînera pas forcément des élections anticipées. M. Topolánek et ses ministres de haut niveau pourront se maintenir au pouvoir, éventuellement pendant des mois, tandis que les partis débattront de la suite des manœuvres.
Le gouvernement tchèque face à une menace d’éviction avant le vote du Parlement
Mais si M. Topolánek assume sa fonction jusqu’à la fin de la présidence de l’UE (fin juin), cela signifierait que la présidence de l’UE serait entre les mains d’un pays dont le parlement n’a pas confiance en son gouvernement.
Une chute du gouvernement jetterait également une ombre sur un plan visant à construire un système américain de radar de défense anti-missile dans le pays.
(EURACTIV avec Reuters. Cet article a été traduit de l’anglais par EURACTIV).