Le gouvernement tchèque se retire avant la fin de la présidence de l’UE [FR]

Le Premier ministre tchèque renversé, Mirek Topolánek, a annoncé que son gouvernement se retirerait avant la fin de la présidence européenne du pays, en juin, et que des technocrates prendront le relais. En parallèle, la chambre haute du Parlement procédera à un vote sur le traité de Lisbonne début mai, et les chances que le résultat soit positif sont assez importantes, selon les responsables politiques.

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Le Premier ministre tchèque renversé, Mirek Topolánek, a annoncé que son gouvernement se retirerait avant la fin de la présidence européenne du pays, en juin, et que des technocrates prendront le relais. En parallèle, la chambre haute du Parlement procédera à un vote sur le traité de Lisbonne début mai, et les chances que le résultat soit positif sont assez importantes, selon les responsables politiques.

Nous savons que le cabinet partira avant la fin du mois de juin, mais nous sommes encore en train de discuter de la date, a déclaré M. Topolánek hier (31 mars), après des débats entre sa coalition tripartite et l’opposition socio-démocrate. 

Le nouveau gouvernement doit réussir à achever la présidence tchèque de l’UE, ce qui détermine le type de personnes que nous recherchons, a-t-il indiqué. 

M. Topolánek a déclaré que les partis avaient donné mardi leur aval à une demande de l’opposition visant à mettre en place un nouveau gouvernement, formé de personnes ne faisant pas partie du monde politique, à la tête du pays. En vue d’atteindre un consensus politique large, nous sommes prêts à créer un cabinet formé de non partisans, avec le soutien de l’ensemble des partis démocratiques, a-t-il expliqué. 

Le chef des socio-démocrates, Jiri Paroubek, a indiqué que les partis s’étaient rapprochés d’un accord final, lequel devrait être conclu à la fin de la semaine. 
Martin Bursik, leader d’un jeune parti de coalition, les Verts, a déclaré qu’il y avait consensus sur le fait que des élections se tiendraient probablement les 16 et 17 octobre. 

La crise politique tchèque résulte de rivalités personnelles et de défections dans le camp du gouvernement au cours des derniers mois, et diffère de la chute des gouvernements hongrois et letton en ce que ces dernières ont été provoquées par la crise financière. 

Le pays a constaté une diminution d’un cinquième de sa production industrielle et de ses exportations, mais ses banques sont stables et la monnaie se relève des pertes qu’elle a subies cette année, grâce à une faible dette globale et une faible exposition aux crédits étrangers. 

La couronne tchèque s’est renforcée après l’annonce d’un accord imminent, et s’échangeait à 27,3 couronnes pour un euro, contre 27, 46 avant l’annonce de la nouvelle.  

Témoignant d’une volonté de coopérer, les socio-démocrates et la coalition menée par le parti démocrate civique de droite, parti de M. Topolánek, a donné au Parlement son accord préalable pour des mesures, soutenues par l’opposition, visant à amoindrir l’impact de la crise mondiale. Aucun des responsables politiques impliqués dans les débats portant sur le gouvernement ne veulent révéler de nom, par égard envers le Premier ministre et les autres membres du cabinet. 

Un échec des principaux partis à conclure un accord sur un nouveau gouvernement ouvrira la voix à la nomination par le président Klaus d’un ministre de son choix. Ceci pourrait bloquer l’approbation du traité de Lisbonne, lequel vise notamment à rationaliser le processus de décision dans l’Union européenne. 

Un vote sur le traité de Lisbonne en mai

La chambre haute du Parlement tchèque votera le traité début mai, et les chances qu’il soit approuvé sont relativement hautes, en dépit du renversement du cabinet la semaine dernière, ont indiqué hier des responsables politiques. 

Le traité de Lisbonne est un point de désaccord en République tchèque. Le président Klaus a mené campagne contre le document qu’il considère comme une attaque à la souveraineté nationale. 

M. Klaus a de nombreux adeptes à la chambre haute, ou Sénat. Il s’agit d’une faction de démocrates civiques de droite, dont les votes sont cruciaux pour la ratification du traité. 

(EURACTIV avec Reuters. Ce texte a été traduit de l’anglais par EURACTIV.)