Le gouvernement veut améliorer la santé des LGBT+ en combattant la LGBT+phobie

À la suite d'études de Santé publique France démontrant la santé délétère des personnes LGBT+, le gouvernement a décidé de lancer une campagne globale pour les faire accepter dans la société.

Euractiv France
Paris Gay Pride parade
La Rochelle a accueilli sa première Marches des libertés samedi 22 mai. [EPA-EFE/IAN LANGSDON]

À la suite d’études de Santé publique France démontrant la santé délétère des personnes LGBT+, le gouvernement a décidé de lancer une campagne globale pour les faire accepter dans la société.

Ce week-end, les Marches des libertés de La Rochelle et de Rouen ont clôturé la semaine de mobilisation pour les droits des personnes LGBT+. Si cette mobilisation était une première en Charente-Maritime, la capitale normande a quant à elle retrouvé sa tradition après une édition 2020 annulée en raison de la pandémie. La manifestation était cependant moins festive, sans char ni musique à cause des restrictions sanitaires.

Alors que, selon l’Ifop en 2019, 72% des Français accepteraient bien le fait que leur enfant soit homosexuel, les personnes LGBT+ restent une population discriminée. En 2019, 35 % des LGBT+ ont déclaré avoir fait l’expérience d’au moins une forme de discrimination au cours de leur vie en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre.

Cette situation entraîne alors de graves conséquences sur leur santé physique et mentale. Selon Santé publique France, « les lesbiennes, les gays et les bisexuels·les sont deux à trois fois plus souvent exposé·e·s à des violences psychologiques, verbales, physiques ou sexuelles que les personnes hétérosexuelles ; le phénomène est encore plus fréquent pour les personnes trans. »

Cela a conduit à une plus forte prévalence d’épisodes dépressifs caractérisés (EDC), de pensées suicidaires ou de tentatives de suicide au cours de l’année passée. Ces dernières sont plus de trois fois plus importantes chez les personnes LGBT+ que chez les hétérosexuelles. Les données sur la population trans vont dans le même sens : plus de la moitié (56 %) des personnes interrogées en 2014 déclarait avoir fait une dépression à la suite d’actes transphobes et 18 % une tentative de suicide. 

Les LGBT+ sont aussi plus consommateurs de substances psychoactives, conséquence des discriminations et violences subies. Les prévalences élevées de VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) sont également inquiétantes : les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes représentent 43 % des découvertes de séropositivité déclarées entre janvier 2019 et septembre 2020.

#Jefaisladifférence

Tout ceci est aggravé par les difficultés de dialogue avec les professionnels de santé et le renoncement aux soins. Soit les patients ne parlent pas avec leurs médecins de leur orientation sexuelle, soit ils subissent des discriminations à cause d’elle. « Poser la question de l’orientation sexuelle, c’est donc reconnaître les besoins spécifiques des personnes LGBT et être en capacité d’adopter une posture bienveillante et non jugeante », constate Santé publique France.

C’est pourquoi lundi 17 mai, Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, Santé publique France a lancé une nouvelle campagne intitulée « #Jefaisladifférence ». En présence d’Élisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances, la campagne se veut « inclusive », afin de « bâtir une société plus humaine et plus juste ».

Si SOS homophobie « note que le plan prend en compte un large spectre de thématiques », l’association « attend désormais de voir les moyens, les budgets pour les formations initiales mais aussi continues des pouvoirs publics, censés accueillir, accompagner, protéger l’ensemble des citoyen·nes sans discriminations », a-t-elle précisé dans son rapport, paru le même jour.

Il révèle en effet que la pandémie a amplifié les LGBTIphobies : « Les signalements dans les contextes Voisinage et Famille/entourage proche ont augmenté ». En plus de la pression subie dans la sphère privée, « scrutation accrue de la vie privée d’autrui et isolement ont été un terrain propice à des violences LGBTIphobes répétées, parfois plus difficiles à verbaliser et à porter à la connaissance des autorités, tout comme les violences conjugales ou celles envers les enfants », est-il relaté dans le rapport.

Ainsi, en 2020, le nombre de cas de LGBTIphobies dans le contexte de voisinage était en hausse avec 184 cas contre 155 en 2019, mais les refus de plaintes ou la minoration du caractère LGBTIphobe des événements par les forces de police se produisent dans un cas sur deux pour les problèmes de voisinage. Les personnes LGBTI ont par exemple été accusées de répandre le coronavirus ou d’en être la cause. 

Les jeunes ont particulièrement été touchés, subissant le rejet des proches tout en étant confinés avec leur famille. Près de 10 % des personnes ayant contacté la ligne d’écoute de l’association a moins de 18 ans. Ils dénoncent le plus souvent la biphobie (22%) et la transphobie (20%) de leurs agresseurs.

Pour rappel, dans son premier discours sur l’état de l’Union, prononcé mercredi 16 septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’était prononcée en faveur des droits LGBT+ : « Je veux être très claire : les zones sans LGBTQI sont des zones sans humanité. Et elles n’ont pas leur place dans notre Union ».