« Occupation par Bruxelles » : la décision de l’UE sur la loi anti-LGBT vivement critiquée par les pro-Orbán

Ils ont qualifié cette décision de manœuvre politique orchestrée par Bruxelles, soulignant qu'elle n'avait été publiée qu'après les élections

EURACTIV.com
[Photo : Janos Kummer/Getty Images]

BUDAPEST – Les partisans du Premier ministre hongrois sortant, Viktor Orbán, ont vivement critiqué la Cour de justice de l’Union européenne après que celle-ci a jugé que Budapest avait enfreint le droit européen en restreignant l’accès des mineurs aux contenus LGBT.

Ils ont qualifié cette décision d’intervention politiquement orchestrée par Bruxelles, soulignant qu’elle avait été rendue publique après la défaite électorale du Fidesz le 12 avril. L’arrêt, rendu mardi, avait été retenu jusqu’après le scrutin.

« Aujourd’hui, l’UE est officiellement devenue une autocratie libérale. Quelle surprise, un arrêt publié 10 jours après les élections », a écrit Rodrigo Ballester, directeur du Centre d’études européennes du Mathias Corvinus Collegium (MCC), un établissement pro-gouvernemental.

Balázs Orbán, directeur politique du Premier ministre, a déclaré sur les réseaux sociaux que « cette décision est une preuve supplémentaire que l’UE s’est orientée vers un cadre idéologique woke ».

« Ce faisant, Bruxelles revendique une autorité qui ne lui a pas été conférée, passant outre les droits fondamentaux des parents à façonner l’éducation de leurs enfants », a-t-il ajouté.

Cette décision représente un défi immédiat de taille pour le prochain gouvernement hongrois, qui a fait campagne en promettant de débloquer des milliards d’euros de fonds de cohésion européens gelés en se conformant aux règles de l’UE.

Gladden Pappin, président de l’Institut hongrois des affaires internationales, a affirmé que cette décision laissait peu de marge de manœuvre au nouveau gouvernement.

« L’arrêt rendu aujourd’hui par la CJUE, qui tombe à point nommé, présente habilement la loi hongroise sur la protection des mineurs comme une restriction à la libre circulation des services », a écrit Pappin.

« La Hongrie ne peut pas défier cet arrêt sans risquer une nouvelle procédure d’infraction et la poursuite de la suspension des fonds », a-t-il ajouté.

Le réseau conservateur international développé par Orbán au cours de la dernière décennie s’est également exprimé.

Rod Dreher, un éminent auteur conservateur américain basé à Budapest, a sarcastiquement qualifié l’arrêt de « démocratie en action ».

« En Europe, vous devez laisser les autorités “queeriser” vos enfants, même si vos représentants parlementaires démocratiquement élus votent contre », a ironisé Dreher.

La Cour a également estimé que la Hongrie avait enfreint les règles de confidentialité du RGPD en modifiant sa loi sur le casier judiciaire afin d’accorder au grand public un large accès aux données personnelles des délinquants sexuels condamnés pour des crimes contre des enfants.

Toutes les réactions n’ont pas été critiques. Viktória Serdült, une journaliste hongroise qui collabore avec des médias internationaux et nationaux, a salué la décision de la Cour, reflétant la profonde polarisation autour de la loi de 2021.

« Nous n’oublierons jamais l’époque où les livres en Hongrie étaient emballés dans du plastique », a déclaré Serdült, faisant référence à l’obligation imposée par la loi aux libraires de sceller physiquement les publications mettant en scène des personnages ou abordant des thèmes LGBT.

(mm)