Le laissez-passer pour Benyamin Netanyahou à la commémoration de la libération d’Auschwitz divise les Polonais
Plus de la moitié des citoyens polonais s’opposent à la décision du gouvernement de garantir la participation libre et sûre des dirigeants israéliens — y compris Benyamin Netanyahou — à la commémoration du 80e anniversaire de la libération d’Auschwitz.
VARSOVIE — Plus de la moitié des citoyens polonais s’opposent à la décision du gouvernement de garantir la participation libre et sûre des dirigeants israéliens — y compris du Premier ministre Benyamin Netanyahou — à la commémoration du 80e anniversaire de la libération d’Auschwitz.
La semaine dernière, le gouvernement du Premier ministre Donald Tusk a adopté une résolution s’engageant à garantir la participation des plus hauts responsables israéliens à cette commémoration. Le président Andrzej Duda avait précédemment écrit au Premier ministre pour obtenir l’assurance que Benyamin Netanyahou serait protégé contre toute arrestation.
Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale (CPI) a délivré un mandat d’arrêt à l’encontre de Benyamin Netanyahou et de plusieurs autres responsables politiques israéliens, les accusant de crimes contre l’humanité liés à la guerre qui dévaste la bande de Gaza depuis 15 mois. Par conséquent, les États signataires de la CPI sont légalement tenus de placer ces personnes en détention si elles entrent sur leur territoire.
La décision de Donald Tusk a donc été perçue comme un geste diplomatique d’amitié envers Israël et une démarche visant à plaire à Washington, le principal garant de la sécurité du pays, avant l’investiture de Donald Trump.
Mais cela a été férocement critiqué, notamment par l’ancien président de la CPI, Piotr Hofmański, qui a déclaré aux médias polonais que le refus des signataires de respecter leurs obligations remettait en question l’existence de la Cour pénale internationale, et que c’était la première fois qu’une telle défiance se produisait en Europe.
Les Polonais désapprouvent également la décision du gouvernement Tusk. Selon un sondage de l’IBRiS commandé par Rzeczpospolita, 51,9 % des personnes interrogées critiquent la décision du gouvernement, 22,5 % en ont une opinion positive, tandis que 25,6 % restent indécises.
Critiques à l’étranger
Dans une déclaration écrite à l’Agence de presse polonaise, la CPI a souligné que « les États signataires du Statut de Rome ont l’obligation légale d’exécuter les décisions du tribunal ». La Pologne a signé le statut de Rome le 9 avril 1999 et l’a ratifié le 12 novembre 2001, devenant ainsi l’un des États fondateurs de la CPI.
En début de semaine, l’ambassadeur palestinien à Varsovie, Mahmoud Khalifa, a rencontré le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Andrzej Szejna, pour lui faire part de son inquiétude quant à la décision du gouvernement polonais de protéger Benyamin Netanyahou.
L’ambassadeur palestinien a souligné dans un communiqué que la commémoration du 80e anniversaire de la libération du camp de concentration nazi allemand d’Auschwitz-Birkenau et le souvenir de ses victimes auraient dû être l’occasion de confirmer la décision de la Cour pénale internationale et d’arrêter le Premier ministre israélien et criminel de guerre.
[Édité par Anna Martino]