Le NPA mise sur une représentation des forces anticapitalistes au Parlement européen
Omar Slaouti, tête de liste en Île-de-France du NPA, présente la campagne du parti pour le scrutin européen et dévoile ses stratégies d’alliances.
Omar Slaouti, tête de liste en Île-de-France du NPA, présente la campagne du parti pour le scrutin européen et dévoile ses stratégies d’alliances.
La tête de liste du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) en Île-de-France, Omar Slaouti, présentait le programme du parti d’Olivier Besancenot pour les européennes, mercredi 13 mai, au Centre d’accueil de la presse étrangère (CAPE).
« Partout en Europe, pas question de payer leur crise ». Dans la lignée du slogan relayé par le NPA pour le scrutin européen, Omar Slaouti a dénoncé « cette Europe qui ne répond pas à la crise mais fait partie du problème que nous traversons ». «Tous ceux qui pensent que l’UE répond à la crise mentent aux travailleurs », a-t-il poursuivi, en prônant le « retour à un partage égal des richesses », selon lui mis à mal par l’Europe depuis sa création.
S’attaquant à « la concurrence libre et non faussée, colonne vertébrale de l’Europe », la tête de liste en Île-de-France, s’est dite favorable à « une Europe des peuples », au sein de laquelle « les travailleurs de Continental de Clairoix » coopéreraient avec «leurs camarades » allemands ou d’autres États membres.
Après avoir dénoncé « 224 milliards d’euros de profits réalisés par les grandes entreprises européennes », il a déclaré vouloir demander « l’interdiction des licenciements » dans toute l’Europe. Fustigeant ensuite le « dumping social permis par l’ensemble des directives » communautaires, Omar Slaouti a indiqué qu’il défendrait un salaire minimum européen équivalent à un pouvoir d’achat de 1500 euros en France. Il a également plaidé pour le maintien des contrats de travail, à l’aide de la création d’un « fond de mutualisation, une formule un peu keynesienne », a-t-il ironisé. Pour qu’il y ait « moins de possibilités pour les entreprises d’aller là où le coût du travail est moins cher », a-t-il martelé.
Le NPA fait campagne pour la « fin » de la Banque centrale européenne, que le parti souhaite voire remplacée par un « monopole public bancaire et financier », après fusion de « l’ensemble des banques » en Europe.
Le NPA pourra-t-il être influent?
Interrogé sur la capacité du parti à avoir une influence au Parlement européen pour faire passer ses idées, Omar Slaouti a répondu plutôt « croire très fort dans les peuples de l’Europe ». Le NPA n’a pour le moment pas de groupe politique d’affiliation au PE et aurait déclaré vouloir en créer un. Indiquant « ne pas désespérer» sur cette question, il a ajouté qu’il pensait au Portugal, à la Grèce, l’Italie mais aussi à la Suède ou au Royaume-Uni, pays dans lesquels « des NPA existent », et avec lesquels ils ont signé un appel commun pour « une Europe des peuples ». Il a toutefois concédé « attendre de voir » si eux aussi auront des élus, afin de créer «une représentation des forces anticapitalistes à l’échelon européen ».
Plus pragmatique, la tête de liste du NPA en Île-de-France a également déclaré «penser pouvoir porter ensemble », avec le Front de Gauche de Jean-Luc Melenchon, quelques dossiers au niveau du Parlement européen. Il a cependant réaffirmé que les deux partis ne « partaient pas ensemble pour une raison simple », le NPA ne souhaite toujours pas d’alliance avec le Parti socialiste taxé de «libéral ».
Et sur la proposition d’un candidat alternatif à José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne, « c’est le cadet de mes soucis », a-t-il déclaré, avant de confier qu’il serait probablement « aux toilettes » au moment du vote.