Le Parti national slovaque propose un projet de loi scolaire anti-LGBTI+

Des membres du parti au pouvoir en Slovaquie, le Parti national slovaque (SNS), ont introduit un projet de loi anti-LGBTI+ destiné aux écoles.

EURACTIV Slovaquie
Conference of Presidents and Speakers of Parliaments of V4 on the occasion of the 30th anniversary of the Velvet Revolution
Quatre députés du SNS, menés par le chef du parti Andrej Danko, ont soumis au parlement une proposition d’amendement à la loi sur l’éducation. [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

Des membres du parti au pouvoir en Slovaquie, le Parti national slovaque (SNS), ont contourné le ministre de l’Éducation Tomáš Drucker (HLAS – social-démocratie) pour introduire un projet de loi anti-LGBTI+ destiné aux écoles.

Quatre députés du SNS — parti d’extrême droite au gouvernement en coalition avec le HLAS de gauche —, menés par le chef du parti Andrej Danko, ont soumis au parlement une proposition d’amendement à la loi sur l’éducation qui vise à établir une définition claire de ce qu’ils appellent « l’orientation sexuelle non traditionnelle », à interdire « sa promotion » et la diffusion d’idées similaires dans les écoles. Les écoles qui enfreindraient la loi pourraient se voir infliger une amende pouvant aller jusqu’à 30 000 euros.

« La société slovaque est fondée sur des valeurs traditionnelles qui définissent le mariage comme l’union exclusive d’un homme et d’une femme, ce qui est également explicitement énoncé à l’article 41, paragraphe 1, de la Constitution slovaque », peut-on lire dans le mémorandum explicatif.

« Dans le contexte de ces valeurs, le projet de loi cherche à protéger les enfants et les jeunes des influences qui pourraient entrer en conflit avec les principes constitutionnels », conclut le document.

Mais l’ONG pro-LGBT Initiative Inakost’ réfute cette affirmation.

« Notre cour constitutionnelle a déjà déclaré par le passé que l’orientation sexuelle ne pouvait être un motif d’inégalité de traitement, et je pense qu’elle le fera à nouveau, même avant que les cours européennes n’interviennent », a confié le directeur de l’ONG slovaque, Martin Macko, à Euractiv Slovaquie.

Le SNS dissimule ses propres problèmes

Selon Martin Macko, le projet de loi ne résoudrait aucun des problèmes auxquels est confronté le système éducatif slovaque et exacerberait plutôt les problèmes existants, tels que le harcèlement des jeunes LGBTI+ et la radicalisation des jeunes.

« Nous considérons l’amendement du SNS de la loi sur l’éducation comme une tentative de renforcer leur visibilité sur les réseaux sociaux et de détourner l’attention des problèmes au sein de leurs ministères », a ajouté le directeur d’Initiative Inakost’, partageant ainsi la position du ministère de l’Éducation.

Le SNS a proposé cette loi sans consulter le ministre de l’Éducation, qui a qualifié sa décision de « violation de l’accord de coalition ».

« Le ministre Tomáš Drucker apprécie l’intérêt que ses collègues du SNS portent à l’éducation, mais estime qu’ils doivent gérer suffisamment de problèmes au sein de leurs propres ministères », a déclaré le ministère de l’Éducation.

Deux des trois ministères dirigés par le SNS sont au cœur d’une controverse politique. Le ministère de la Culture a provoqué des manifestations publiques et mis 1 500 travailleurs culturels en état d’alerte après le licenciement de plusieurs directeurs d’institutions culturelles et le renvoi de 40 % du personnel du ministère.

Dans le même temps, le ministère de l’Environnement est le ministère le moins performant en termes de respect des étapes du plan de relance de la Slovaquie.

Des lois similaires en Hongrie et en Bulgarie

Si elle est adoptée, la loi proposée par le SNS ressemblerait beaucoup à une partie de la loi hongroise anti-LGBTI+ de 2021.

Cependant, la loi, qui interdit aux mineurs d’être exposés à des contenus qui promeuvent la soi-disant « divergence de l’identité propre correspondant au sexe à la naissance, le changement de sexe ou l’homosexualité » devrait être réexaminée par la Cour de l’Union européenne à la suite de la contestation déposée par la Commission européenne.

Une loi similaire interdisant la « promotion des LGBT+ » dans les écoles a été adoptée par le parlement bulgare en août de cette année, après avoir été proposée par le parti bulgare pro-russe Renaissance (Vazrazhdane).

[Édité par Anne-Sophie Gayet]