Le président bulgare déclare qu’il peut gérer les crises nationales
Le président bulgare, Rossen Plevneliev, a déclaré hier (6 mars) à Bruxelles que son pays disposait des ressources en vue d’augmenter les dépenses dans des programmes sociaux destinés à s’attaquer aux crises politique, sociale et économique de la Bulgarie.
Le président bulgare, Rossen Plevneliev, a déclaré hier (6 mars) à Bruxelles que son pays disposait des ressources en vue d’augmenter les dépenses dans des programmes sociaux destinés à s’attaquer aux crises politique, sociale et économique de la Bulgarie.
Rossen Plevneliev a affirmé que son pays, dont le premier ministre a démissionné le mois dernier, disposait des ressources budgétaires nationales pour lutter contre le chômage et améliorer la situation sociale en général.
Il a qualifié son pays « d'île de la discipline budgétaire », avec un déficit de 0,5 % en 2012 et un déficit prévu de 1,3 % en 2013.
« Si vous affichez un déficit comme celui-ci, vous pouvez mettre en place certaines politiques sociales et d'emploi […] », a-t-il déclaré. Il a ajouté que le budget permettait de dépenser plus dans des politiques sociales.
La visite de M. Plevneliev coïncide avec un jour de deuil national en Bulgarie en hommage à Plamen Goranov (36 ans), qui s'est immolé par le feu devant l’hôtel de ville de Varna afin de protester contre les abus de pouvoir présumés et la situation économique désastreuse.
Le maire de Varna, Kiril Yordanov, a démissionné hier.
M. Yordanov est le second homme politique le plus haut placé du parti de centre-droit au pouvoir, GERB, à démissionner au cours de ces derniers jours. Le premier ministre Boyko Borissov a démissionné le mois dernier après une vague de protestations liée au prix de l'électricité.
Des élections législatives sont prévues le 12 mai. Le président Plevneliev devrait annoncer la formation d'un gouvernement intérimaire le 13 mars.
Formation difficile d'un gouvernement
Kristalina Georgieva, la commissaire européenne en charge de l'aide humanitaire, a été mentionnée pour occuper le poste de premier ministre intérimaire, mais a décliné, ont indiqué des sources à EURACTIV. Les noms de Sasha Bezuhanova, directrice d'Hewlett?Packard pour l'Europe centrale et orientale, et de Konstantin Penchev, le médiateur du pays, circulent également.
S'adressant à des journalistes dans l'avion avant d'arriver à Bruxelles, le président bulgare a déploré que toutes ses propositions de premiers ministres intérimaires fussent rejetées et n'a pas donné plus de détails.
M. Plevneliev aurait déclaré que la Bulgarie en était arrivée au point où elle devrait abandonner le « capitalisme sauvage » si elle voulait éviter une « révolution ».
Le salaire moyen en Bulgarie est le plus bas de toute l'UE : 387 € par mois. La retraite moyenne s'élève à 150 € et celle de base à 76 €.
Le président aurait également indiqué qu'il défendait une « libéralisation complète » du marché bulgare de l'énergie.
Le marché bulgare de la distribution électrique est divisé en trois régions contrôlées par les entreprises tchèques ?EZ et Energo-Pro ainsi que l'entreprise autrichienne EVN [voir carte].
Le 24 janvier, la Commission européenne a assigné la Bulgarie devant la Cour de justice de l'Union européenne pour transposition incomplète des règles de l'UE du marché de l'énergie.
À l'issue de sa réunion avec le président du Conseil, Herman Van Rompuy, M. Plevneliev a déclaré qu'il se rendait compte que son pays était « sous les projecteurs » des institutions de l'Union européenne.
Il a indiqué à des journalistes qu'il tentait de minimiser l'importance de la dimension politique de la crise.
« Dans le passé, il y a eu des crises semblables et des gouvernements intérimaires, nous savons comment les gérer et la position du président est forte », a-t-il déclaré.
La Bulgarie a connu des gouvernements intérimaires de 1994 à 1995 et en 1997.
M. Plevneliev a également rencontré Martin Schulz, le président du Parlement européen. Le socialiste-démocrate allemand a rejeté l'idée que la chancelière allemande conservatrice, Angela Merkel, était responsable des politiques d'austérité à l'origine des protestations et de la chute des gouvernements.
« À la table du Conseil européen, il y a la chancelière Angela Merkel et 26 chefs d'État et de gouvernement. Les décisions sont prises à l'unanimité. On ne peut pas dire que seule la chancelière [soit responsable]. Le premier ministre Boyko Borissov y participait également et je me souviens qu'il avait voté contre certaines décisions du Conseil européen », a déclaré M. Schulz.
Le président bulgare n'a pas voulu commenter l'enquête sur l'attentat à la bombe à Burgas le 18 juillet 2012 et les conclusions préliminaires qui désigneraient l'aile militaire du Hezbollah au Liban.
M. Plevneliev a participé au Parlement européen à la célébration du 70e anniversaire du sauvetage de Juifs de la déportation en Bulgarie en compagnie du président d'Israël, Shimon Peres. À la veille de la déportation prévue de 48 000 Juifs d'origine bulgare en avril 1943, le Parlement bulgare, l'Église orthodoxe et la société civile s’étaient mobilisées et avaient empêché ce départ vers les camps de la mort.