Le président de la Douma russe demande des réparations à la Pologne

Pour le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, l’appel du président de la Douma russe, Vyacheslav Volodine, à demander à Varsovie de rembourser les « investissements » soviétiques d’après-guerre relève de la propagande.

EURACTIV Pologne
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« Il s’agit d’un cas typique de propagande russe », a déclaré le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki lundi (22 mai) en réponse à la déclaration de M. Volodine. [SHUTTERSTOCK/TomaszKudala]

Pour le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, l’appel du président de la Douma russe, Vyacheslav Volodine, à demander à Varsovie de rembourser les « investissements » soviétiques d’après-guerre relève de la propagande.

Dans une déclaration controversée, M. Volodine, président de la chambre basse du Parlement russe (la Douma), affirme que la Pologne doit être punie pour avoir « trahi la mémoire historique » de la libération du pays de l’Allemagne nazie par l’Union soviétique, en commettant une série d’actes hostiles à l’égard de la Russie.

Il a poursuivi en indiquant que Varsovie devrait verser à la Russie plus de 750 milliards de dollars (soit 694 milliards d’euros) de dédommagements à Moscou pour les investissements soviétiques en Pologne après la Seconde Guerre mondiale et restituer les territoires qu’elle a reçus après la guerre.

« Il s’agit d’un cas typique de propagande russe », a déclaré le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki lundi (22 mai), selon le site d’information Money.pl.

Il a également ajouté que la Fédération de Russie avait causé d’importants dégâts en Ukraine, et que l’Union soviétique qui l’a précédée était pour sa part responsable de grandes pertes en Pologne.

Depuis des siècles, la Russie cherche à inverser les rôles, a-t-il expliqué, prenant les propos de M. Volodine comme un exemple de cette stratégie.

Arkadiusz Mularczyk, secrétaire d’État polonais du ministère des Affaires étrangères, a annoncé que l’élaboration d’un rapport visant à chiffrer les pertes polonaises occasionnées par l’occupation soviétique était en cours d’élaboration.

M. Volodine a également menacé la Pologne de sanctions en affirmant qu’une commission parlementaire envisagerait d’interdire aux camions polonais d’entrer sur le territoire de la Fédération de Russie. Selon lui, cette mesure entraînerait d’importantes difficultés financières et des pertes d’emplois en Pologne.

Ce discours s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les deux pays.

Le mois dernier, Moscou avait menacé de réagir sévèrement à la saisie par la Pologne d’un lycée situé près de l’ambassade de Russie à Varsovie, où les enfants des diplomates avaient l’habitude d’aller à l’école.

Le Kremlin a qualifié la saisie du bâtiment de violation flagrante de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques, tandis que Varsovie a déclaré qu’elle ne faisait que suivre une décision de justice, l’occupation ayant été jugée illégale.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]