Le président tchèque rejette le projet de « fédération » de José Manuel Barroso

Le président tchèque eurosceptique, Vaclav Klaus, a fermement rejeté l’idée du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, de transformer l’Union européenne en une « fédération d’Etats-nations », selon la presse Tchèque. 

EURACTIV.com
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Le président tchèque eurosceptique, Vaclav Klaus, a fermement rejeté l’idée du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, de transformer l’Union européenne en une « fédération d’Etats-nations », selon la presse Tchèque. 

 

M. Klaus est le premier dirigeant d'un pays de l'UE à s'opposer publiquement à la proposition qu'a formulée M. Barroso lors de son discours sur l'état de l'Union au Parlement européen mercredi (12 septembre).

 

Le président tchèque a été invité par le site Internet Novinky à commenter le discours de M. Barroso à Strasbourg. « Je rejette fermement l'idée présentée par José Barroso », a-t-il écrit. « Le seul élément que j'apprécie dans sa proposition est que les défenseurs actuels d'une intégration européenne renforcée ont pour la première fois admis ouvertement leurs objectifs. »

 

M. Klaus a ajouté qu'en 2004, son pays avait rejoint l'Union européenne, et « non une fédération où les provinces se vident de sens ».

 

Lors de son discours, M. Barroso a souligné que pour survivre, l'Union devrait évoluer et se mettre d'accord sur « un pacte décisif pour l'Europe » qui établirait un « contrat de confiance » entre les Etats membres, les institutions de l'UE, les partenaires sociaux et les citoyens de l'Union.

 

Le président de la Commission a toutefois tenu à préciser que sa vision pour une fédération d'Etats membres n'impliquait pas un super-Etat similaire aux Etats-Unis. Il a plutôt parlé d'« une fédération démocratique d’États-nations capable de régler nos problèmes communs en partageant la souveraineté d'une manière qui permette à chaque pays et à chaque citoyen d’être mieux équipés pour maîtriser son propre destin ».

 

Novinky a demandé à M. Klaus si la République tchèque pourrait rejoindre une fédération telle que celle proposée par M. Barroso.

 

« Certainement pas, au contraire, nous devrions penser à la manière de récupérer notre indépendance et notre souveraineté. L'Union européenne devrait évoluer dans la direction opposée de celle proposée par M. Barroso. A l'instant où j'écris ces lignes, 61,8 % des personnes qui ont répondu au sondage sur votre site Internet, auquel ont participé 11 047 lecteurs, sont d'avis que l'Union est sur le déclin. Les gens comme M. Barroso ne veulent pas l'entendre. »

 

Le site Internet Novinky réalise régulièrement des sondages en ligne pour ses lecteurs. Celui cité par M. Klaus n'est plus disponible et a été remplacé par une autre enquête visant à savoir si les Tchèques peuvent toujours se permettre d'acheter de l'alcool.

 

M. Klaus est connu pour ses opinions eurosceptiques, mais de nombreux Tchèques partagent son avis en la matière. La République tchèque a été le dernier pays à ratifier le traité de Lisbonne qui n'a pu entrer en vigueur qu'après que M. Klaus a signé le texte de ratification suite à une décision de la Cour constitutionnelle du pays.