Le Royaume-Uni exhorté à ne pas faire marche arrière sur Horizon Europe
Les ministres britanniques ont été invités à garantir la participation du Royaume-Uni au programme de recherche de l’UE Horizon Europe après que des informations ont été diffusées concernant le projet de l’administration de Rishi Sunak de prépare un programme similaire.
Les ministres britanniques ont été invités à garantir la participation du Royaume-Uni au programme de recherche de l’UE Horizon Europe, doté de plusieurs milliards d’euros, après que des informations ont été diffusées concernant le projet de l’administration de Rishi Sunak de prépare un programme similaire.
Mardi (7 mars), le ministre écossais de l’Enseignement supérieur et de la Formation continue, Jamie Hepburn, a écrit à la ministre britannique de la Science et de la Technologie, Michelle Donelan, pour l’exhorter à « ouvrir des discussions sur l’association légale à Horizon dès que possible » afin d’officialiser la participation du pays à Horizon Europe.
Le Royaume-Uni avait été exclu du programme de 95,5 milliards d’euros pendant deux ans, après que la Commission européenne a conditionné le statut d’association prévu par l’accord de commerce et de coopération entre le Royaume-Uni et l’Union européenne à la mise en œuvre du protocole sur l’Irlande du Nord.
Suite à l’annonce la semaine dernière de l’accord du « cadre de Windsor » avec l’UE sur le protocole, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’UE entamerait « immédiatement » le processus de finalisation du statut de membre associé du Royaume-Uni.
M. Hepburn a ajouté qu’il était « également inquiet du fait que le gouvernement britannique semble partir du principe que si nous parvenons à nous associer au programme Horizon Europe, la participation sera calculée en fonction des coûts à partir de la réadmission, mais cela n’a jamais été garanti ».
Toutefois, Mme Donelan a déclaré lundi qu’un accord permettant au Royaume-Uni de s’associer à Horizon Europe devrait être conclu dans des « conditions acceptables et favorables » et a refusé de garantir avec certitude que le Royaume-Uni rejoindrait le programme.
Cette déclaration fait suite à des informations selon lesquelles le Premier ministre Rishi Sunak est favorable à un programme alternatif à Horizon Europe dirigé par le Royaume-Uni et impliquant une collaboration avec des pays non membres de l’UE ainsi qu’avec des pays européens.
Le ministère de Mme Donelan a également confirmé qu’il avait prolongé jusqu’en juin la promesse de rémunérer les chercheurs pour les subventions obtenues dans le cadre d’Horizon Europe.
L’impasse sur l’accès à Horizon Europe a poussé les ministres britanniques à promettre qu’un fonds national alternatif de recherche et de développement serait mis en place et que les chercheurs et les entreprises recevraient au moins autant d’argent que ce qu’ils auraient reçu du programme de l’UE au cours de la période budgétaire 2021-27 de l’UE.
La semaine dernière, le gouvernement a annoncé que le fonds de 1,6 milliard de livres sterling qui avait initialement été alloué pour faciliter l’association aux programmes de l’UE avait été récupéré par le Trésor, une décision accueillie avec consternation par la communauté scientifique du Royaume-Uni.
La ratification du « cadre de Windsor » devrait prendre plusieurs mois et le vote du parlement britannique ne devrait pas avoir lieu avant la fin du mois d’avril. Les responsables du Royaume-Uni ont donc minimisé la possibilité pour les universités et les chercheurs du pays d’avoir accès au financement d’Horizon dans un avenir proche.
« Il est difficile d’agiter une baguette magique et de régler tout cela », a déclaré un fonctionnaire britannique chargé des affaires européennes, soulignant le fait que ses chercheurs ont été exclus du programme pendant deux ans et « ont été très désavantagés ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]