Le trio polono-dano-chypriote entre en scène

A partir du 1er juillet, la Pologne assure pour six mois la présidence tournante de l’Union européenne. Son programme a été élaboré en collaboration avec les pays qui suivront.

EURACTIV.fr
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A partir du 1er juillet, la Pologne assure pour six mois la présidence tournante de l’Union européenne. Son programme a été élaboré en collaboration avec les pays qui suivront.

Exit la présidence hongroise et ses houleux débats sur la liberté de la presse. Place à la Pologne, élève presque modèle de l’élargissement de 2004.

Vision à moyen terme

Ce pays de 40 millions d’habitants, qui a pour ambition de devenir le « Grand » de l’Est, présidera pour la première fois le Conseil de l’UE, alors que son dynamisme économique fait bien des envieux : 4% de croissance. 

Le programme de travail de la Pologne a été décidé en concertation avec le Danemark et Chypre, les deux prochains pays qui assureront la présidence de l’UE. L’objectif est d’avoir un agenda européen à moyen terme. 

Trio exotique

« C’est la troisième promotion de trio, mais c’est la première fois qu’il n’y a pas d’État fondateur », a fait remarquer Tomasz Or?owski, l’ambassadeur de Pologne en France, lors d’une conférence de presse commune le 28 juin à Paris. « Nous avons peut-être moins d’expérience, mais une grande volonté de réussir. La Pologne veut se rendre utile à l’Europe. »

Anne Dorte Rigeelsen, ambassadrice du Danemark à Paris, a même reconnu un certain « exotisme » à ce trio pas dénué d’ambition. 

Sur trois ans

Parmi les priorités : la gouvernance économique (coopération économique entre les États, ndlr), les négociations du nouveau cadre financier de l’UE pour la période 2014-2020, la sécurité énergétique, le partenariat oriental et la libre circulation. 

Tomasz Or?owski a précisé « qu’un cadre stratégique pour trois ans a aussi été construit ». Pour cela, Polonais, Danois et Chypriotes ont consulté les pays qui leur succèderont : Irlande, Lituanie, Grèce. « Tout cela sans interférer avec les nouvelles institutions de l’UE », a précisé l’ambassadeur polonais, faisant référence au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

Serbie candidate

Interrogés par les journalistes, les trois ambassadeurs ont tenté de démontrer la continuité de leurs points de vue.

Même si certaines questions restent épineuses. Comme l’adhésion turque, puisque Chypre y sera opposée tant que le problème de la réunification de l’île ne sera pas réglé. Mais l’ambassadeur de Chypre Kornelios Korneliou a été clair : « Si la situation reste la même, les chapitres (de négociation) ne seront pas ouverts. »

La Pologne souhaite pourtant pouvoir faire avancer ce dossier au cours de sa présidence. Autre ambition déclarée : octroyer le statut de candidat officiel à l’adhésion à la Serbie.

Cap à l’est 

Les relations avec l’Est de l’UE ne seront pas oubliées. Varsovie compte bien rester vigilante sur la situation en Biélorussie, dernière dictature d’Europe en proie à une grave crise économique alors que la répression ne faiblit pas. 

Dans le cadre du partenariat oriental, des accords d’association pourraient être signés d’ici décembre avec la Moldavie et l’Ukraine. La Pologne fera tout pour. Tout comme dans le dossier des relations avec la Russie, et ce, malgré le passif existant entre les deux pays.

Le représentant de la Pologne en France se veut pragmatique : « Peu de pays en Europe ont plus d’intérêts que nous à avoir de bonnes relations avec Moscou (…). Nous sommes en train d’amorcer une réconciliation et nous voulons favoriser une évolution positive. »

Les valeurs supérieures de Schengen

Lors du Conseil européen des 23 et 24 juin derniers, les chefs d’État et de gouvernement ont ouvert la possibilité d’une réforme des accords de Schengen sur la libre circulation des personnes. 

Mais Varsovie est « très réservée » sur ce dossier, selon les mots de Tomasz Orlowski. « Surtout en raison de notre passé. Nous sommes satisfaits par les conclusions du dernier Conseil. Mais ceci ne doit pas affecter la libre circulation qui est une valeur supérieure à la gestion des frontières. »

Elections à l’automne

Sur le plan intérieur, la présidence polonaise sera marquée par la tenue d’élections législatives à l’automne. Le parti Plateforme civique (PO) de l’actuel premier ministre Donald Tusk est pour le moment donné favori.

Un changement de gouvernement en faveur de l’opposition conservatrice du parti Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski pourrait déstabiliser la présidence, ce dernier étant particulièrement eurosceptique.