Le vote du Parlement sur Ursula von der Leyen met la politique européenne à l’épreuve
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L’ancienne ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen doit faire face à un vote crucial mardi 16 juillet puisqu’elle doit convaincre au moins 374 députés européens de la soutenir pour devenir la prochaine présidente de la Commission européenne.
L’opposition vient principalement du camp dit progressiste : les socialistes (S&D), la gauche et les verts. Ces groupes voulaient que l’un des Spitzenkandidats dirige l’exécutif européen, et ne sont pas convaincus de l’engagement de l’Allemande sur la politique climatique, la migration et les questions sociales.
Les socialistes allemands (SPD) ont ainsi déclaré qu’ils voteraient contre Ursula von der Leyen. Mais ce week-end, deux poids lourds du SPD se sont exprimés en sa faveur à Berlin. Dans une interview accordée à Bild am Sonntag, l’ancien chef du SPD Sigmar Gabriel a déclaré qu’elle pouvait devenir une bonne présidente de la Commission, mais il a exprimé sa désapprobation quant à la manière dont elle avait été nommée.
De même, dans une interview accordée à Welt am Sonntag, l’ancien ministre de l’Intérieur Otto Schily a loué les compétences d’Ursula von der Leyen et critiqué les 16 eurodéputés du SPD qui voteront contre elle ce mardi. La CSU et la CDU de centre-droit ont également critiqué les députés européens du SPD pour leur position et les ont appelés à faire preuve de responsabilité.
À Rome, le gouvernement de coalition est divisé et les partis au pouvoir voteront différemment. La Lega de droite semblait la soutenir au début, mais Ursula von der Leyen a refusé le soutien du parti de Matteo Salvini. Afin de rassurer les autres groupes progressistes, elle a annulé une réunion qu’elle était censée tenir avec Marco Zanni, président du groupe politique d’extrême droite Identité et démocratie (ID), auquel appartient la Lega. D’autre part, le Mouvement 5 étoiles votera en faveur, après une « rencontre positive » avec elle mercredi dernier. La cheffe de file du groupe, Tiziana Beghin, a déclaré qu’ils avaient les mêmes priorités, se référant à des mesures telles qu’un salaire minimum européen.
À Paris, bien que le président français Emmanuel Macron ait soutenu la candidature d’Ursula von der Leyen, elle ne peut pas compter sur le soutien des eurodéputés français.
L’extrême gauche et les Verts ont déjà indiqué qu’ils voteraient contre elle. La petite délégation de cinq socialistes français insiste sur le fait que le prochain mandat de cinq ans de la Commission européenne doit mettre davantage l’accent sur l’environnement et les droits sociaux. Les eurodéputés de Marine Le Pen n’ont pas donné de signaux clairs sur leur vote.
Les huit eurodéputés de centre droit et les macronistes de Renew Europe devraient quant à eux voter pour la candidate allemande. Euractiv France affirme que le vote sera aussi un test pour l’unité des 21 députés dits macronistes : respecteront-ils massivement les instructions de vote de la délégation ?
À Varsovie, le ministre polonais des Affaires étrangères, Jacek Czaputowicz, a déclaré à Reuters qu’Ursula von der Leyen était « conciliante, ne cherche pas le conflit et accepte de nombreux points de vue ».
« Elle a cette sensibilité, ce qui est très apprécié en Pologne », a-t-il ajouté. Cependant, le parti au pouvoir, le PiS, qui appartient aux conservateurs et réformistes européens (CRE), prendra sa décision finale aujourd’hui.
À Athènes, les eurodéputés de Nouvelle Démocratie (PPE) ne sont pas « si chauds » à l’idée de voter pour l’Allemande, étant donné que le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis était l’un des plus grands partisans de Manfred Weber, mais ils suivront en définitive la ligne du PPE pour la soutenir. Les eurodéputés de gauche de Syriza voteront contre s’ils ne subissent pas de pressions de la part des socialistes de l’UE sur la base d’un accord spécifique.
Dimitris Papadimoulis, député européen de Syriza et vice-président du Parlement européen, a nié que ce soit le cas. Il a déclaré à EURACTIV.com que la position des législateurs syriziens est claire : « Ursula von der Leyen a présenté ses priorités à la GUE-NGL le 11 juillet. À la suite d’une discussion que nous avons eue avec elle, nous n’étions pas convaincus que nous devions la soutenir» a-t-il précisé.
À Sofia, les eurodéputés bulgares sont favorables, mais doutent. La Bulgarie possède l’une des délégations nationales les plus « grandes » du Parlement, puisque 15 eurodéputés sur 17 font partie de groupes centristes : Sept du PPE, cinq du S&D et trois libéraux de Renew Europe. Les deux autres appartiennent au CRE.
À Bratislava, l’eurodéputé slovaque Martin Hojsík de Renew Europe, a déclaré que les opinions de la candidate sur le climat et la biodiversité étaient optimistes. Il s’est également félicité de son projet de réforme de la politique agricole de l’Union en vue d’une meilleure protection du climat et de la biodiversité. « La Slovaquie doit être à l’avant-garde des efforts de prévention de la menace climatique et ne pas se laisser distancer par la ligne régionale dictée par Orban ou Kaczyński », a-t-il ajouté.
À Prague, le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, soutient Ursula von der Leyen et s’est entretenu par téléphone avec elle vendredi sur la composition possible de son cabinet de la Commission. Son parti ANO compte six députés européens dans le groupe centriste Renew Europe, qui soutiendra l’Allemande. En revanche, le principal parti d’opposition tchèque, les Pirates, n’est pas convaincu et ses trois représentants au sein des Verts/ALE ne la soutiendront probablement pas. Les autres députés tchèques sont également divisés.
À Zagreb, la majorité des eurodéputés croates sont sceptiques à l’égard d’Ursula von der Leyen. Contrairement aux quatre eurodéputés du PPE qui l’ont ouvertement soutenue, S&D, RE et CRE pourraient ne sont pas encore convaincus. « Je n’ai rien contre elle personnellement, contrairement à nos collègues allemands, mais je n’apprécie pas la manière dont ce paquet a été transmis au Parlement », a déclaré Biljana Borzan (SDP-S&D).
(Doris Pundy, Euractiv Allemagne, Gerardo Fortuna, Euractiv.com, Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce, Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie, Ondřej Plevák, Euractiv République tchèque, Tea Trubić, Euractiv Croatie, Angele Kedaitiene).
D’autres nouvelles des capitales…
MADRID
Un accord UE-Mercosur très complexe. Le processus de ratification de l’accord commercial UE-Mercosur sera « complexe » en raison du mécontentement du secteur agricole de l’UE et de la politique intérieure de pays comme la France, l’Argentine et le Brésil, a déclaré Carlos Malamud, expert des relations Amérique latine – UE au sein du think tank Elcano, dans une interview à EFE.
Carlos Malamud a averti qu’il pourrait s’écouler deux ou trois ans avant que la partie commerciale de l’accord soit approuvée et jusqu’à cinq ans dans le cas du dialogue politique et de la coopération. (Euroefe).
VARSOVIE
Nouveau programme de l’opposition. La Plateforme civique (PO/PPE), le plus grand parti d’opposition, a présenté son programme pour les élections législatives prévues en octobre.
Les priorités sont les suivantes : restaurer la liberté et la démocratie, augmenter les salaires, améliorer les soins de santé, conserver les primes pour les personnes âgées, réformer le système éducatif du pays et assurer un air et une eau propres. (Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne)
BERLIN
Dans une interview, Heiko Maas, ministre allemand des Affaires étrangères, a appelé à un nouvel accord sur la répartition des migrants secourus en mer. Les pays qui veulent accueillir les migrants devraient décider d’un « mécanisme de distribution contraignant », a déclaré le responsable politique du SPD. « L’Allemagne est prête à apporter une contribution substantielle et à accueillir une part fixe de personnes sauvées. » Le partenaire de la coalition CDU et le parti d’opposition de droite AfD n’ont pas tardé à critiquer ses propos.
BELGRADE
Macron à Belgrade. Emmanuel Macron entamera aujourd’hui (15 juillet) une visite de deux jours en Serbie, la première visite d’un président français en 18 ans. L’ordre du jour de ses entretiens avec le président Aleksandar Vučić devrait couvrir la coopération économique, l’arrêt du dialogue Belgrade-Priština, ainsi que la perspective européenne de la Serbie et des Balkans occidentaux. La signature d’une vingtaine d’accords a été annoncée. (Euractiv Serbie)