Le leader d'extrême droite Tomio Okamura dans le collimateur de la police tchèque pour des affiches appelant à la haine
Générée par IA, l'une de ces affiches montrait un homme à la peau foncée armé d'un couteau ensanglanté.
PRAGUE – La police tchèque a décidé de poursuivre en justice le leader d’extrême droite né à Tokyo Tomio Okamura, et son parti Liberté et démocratie directe (SPD), pour des affiches anti-immigration placardées lors des élections européennes de 2024.
« La police a terminé son enquête et a transmis le dossier au procureur avec une proposition de mise en accusation », a déclaré jeudi le procureur Jan Lelek au site d’information tchèque Seznam Zprávy.
Le magistrat en charge de l’affaire doit désormais décider si Tomio Okamura sera poursuivi par la justice. S’il est jugé et condamné, il risque jusqu’à trois ans de prison.
Les affiches du SPD entendaient s’opposer au pacte migratoire de l’UE. Selon la police tchèque, ces dernières enfreignent la législation contre l’incitation à la haine.
L’une d’elle montrait l’image générée par une IA d’un homme à la peau foncée tenant un couteau ensanglanté, accompagnée du slogan : « Les lacunes du système de santé ne seront pas comblées par des chirurgiens importés ».
Une autre, également générée par IA, montrait deux garçons roms en train de fumer.
Tomio Okamura connaît un nouveau regain de popularité à l’approche des législatives d’octobre, en demandant la sortie de la République tchèque de l’UE.
Alors que la pression judiciaire s’intensifie, un nouveau mouvement politique a été discrètement enregistré par un responsable du SPD et ami d’Okamura sous le nom de Parti des partisans de la démocratie et de Tomio Okamura (SPDTO).
Ce dernier a déclaré à Seznam Zprávy que ses partisans avaient lancé ce groupe en réponse à ce qu’il a qualifié d’effort des politiciens au pouvoir « pour manipuler les élections en poursuivant délibérément ma personne pour une affiche anti-immigration ».