Les alliés de Kiev fixent leurs objectifs de production militaire avant l'arrivée de Donald Trump

Une réunion des fournisseurs d'aide militaire à l'Ukraine, dirigée par les États-Unis, a fixé des objectifs de production afin de maintenir les dons d'armes à Kiev.

EURACTIV.com
Réunion du groupe de contact sur l’Ukraine à la base aérienne américaine de Ramstein
06 septembre 2024, Rhénanie-Palatinat, Ramstein-Miesenbach : Lloyd Austin (g), secrétaire américain à la Défense, et Volodymyr Selenskyj, président de l'Ukraine, participent à la réunion du groupe de contact sur l'Ukraine à la base aérienne de Ramstein. (Photo by Andreas Arnold/picture alliance via Getty Images) [Andreas Arnold/picture alliance via Getty Images]

Avant la prise de fonction du nouveau président américain, les pays qui soutiennent militairement l’Ukraine se sont entendus une dernière fois sur la base de Ramstein, en Allemagne, pour accorder leurs objectifs de production.

Le groupe de contact pour la défense de l’Ukraine, le groupe Ramstein, qui réunit une cinquantaine de pays soutenant Kiev, a tenu de dernières discussions avant l’entrée en fonction de Donald Trump à la Maison-Blanche, le 20 janvier.

À l’issue de la rencontre, les responsables américains de la défense ont déclaré que des « coalitions » s’étaient constituées sur des objectifs de production d’armes et d’équipements militaires en direction de l’Ukraine.

Huit coalitions de ce type, patronnées par Kiev, et quatorze pays donateurs, ont approuvé une série de feuilles de route visant à maintenir leur aide militaire jusqu’en 2027.

Ces dernières portent sur « les besoins des forces aériennes, des blindés, de l’artillerie, du déminage, des drones, de la défense aérienne et antimissile intégrée, des technologies de l’information et de la sécurité maritime ».

À l’issue des discussions, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a confirmé que l’administration sortante du président Joe Biden allait encore fournir à Kiev une aide d’un montant de 500 millions de dollars.

Les diplomates européens ignorent si les réunions du type Ramstein seront encore bientôt menées par les États-Unis, alors que le futur président américain a envoyé des signaux contradictoires sur sa volonté de continuer à coordonner les efforts internationaux en direction de l’Ukraine.

Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a encouragé ses homologues à poursuivre le format Ramstein et à « faire tous les efforts possibles pour ce qui reste à venir ».

Il a également annoncé que Berlin enverrait deux unités de missiles Patriot et 200 soldats en Pologne dans les semaines à venir. Les militaires allemands devraient rester sur place pendant six mois, dans le cadre d’une mission de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).

À Ramstein, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé des systèmes de défense aérienne supplémentaires, et a exhorté les alliés occidentaux à tenir leurs promesses, même si Washington était amenée à réduire ses efforts.

« Il serait honnêtement fou de laisser tomber maintenant et de ne pas continuer à construire sur les coalitions de défense que nous avons créées, d’autant plus qu’elles nous aident déjà à croître et à renforcer notre défense commune  », a ajouté Volodymyr Zelensky.

L’Europe entre dans un « nouveau chapitre » de coopération et aura de « nouvelles opportunités » avec Donald Trump, a-t-il ajouté, dans une nouvelle tentative de s’attirer les bonnes grâces du futur président.

La diplomate en chef de l’Union européenne (UE), Kaja Kallas, s’est également exprimée jeudi, déclarant que « l’UE est prête à prendre le leadership [de l’aide] si les États-Unis ne sont pas disposés à le faire. »

« Je suis sûre que tous les autres membres, et j’espère aussi les États-Unis, sont prêts à continuer à soutenir l’Ukraine », a déclaré la diplomate, citée par l’AFP, en marge des discussions sur la base aérienne de Ramstein, en Allemagne.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a de son côté souligné que les partenaires de l’Ukraine devaient aider Kiev à arriver en position de force pour négocier un éventuel cessez-le-feu ou des pourparlers de paix.

« Nous devons faire en sorte que l’Ukraine soit dans la meilleure position possible pour qu’un jour, lorsque les pourparlers commenceront à l’initiative de l’Ukraine, sur la manière de résoudre ce conflit, elle soit dans la meilleure position possible », a-t-il déclaré.

« Lorsque ces pourparlers seront terminés, on examinera s’il s’agit d’un bon accord ou non » a-t-il conclu.

[Édité par Alice Bergoënd et Laurent Geslin]