Les banques contribueront à hauteur de 37 milliards d'euros dans le nouveau sauvetage de la Grèce

La zone euro a tenté de trouver une solution aux problèmes de dette de la Grèce hier (21 juillet) et les banques qui détiennent les obligations du pays ont accepté de contribuer à hauteur de 37 milliards d'euros pour un nouveau renflouement de 109 milliards jusqu'en 2014.  

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La zone euro a tenté de trouver une solution aux problèmes de dette de la Grèce hier (21 juillet) et les banques qui détiennent les obligations du pays ont accepté de contribuer à hauteur de 37 milliards d'euros pour un nouveau renflouement de 109 milliards jusqu'en 2014.

 

Le secteur privé a accepté de volontairement contribuer à un second renflouement de la Grèce après que les directeurs des plus grandes banques d'Europe ont rencontré les dirigeants de la zone euro hier.

Pour la première fois, Josef Ackermann de la Deutsche Bank et Baudouin Prot de BNP Paribas ont rencontré l'élite de la zone euro pour conclure un accord exceptionnel sur des décotes pour les détenteurs d'obligation. Cet accord impliquera des conversions de créances, des rachats et des prolongements des échéances.

M. Ackerman, qui dirige l'Institut de finance internationale, a proposé plusieurs options viables pour les banques afin de réduire la dette de 350 milliards d'euros de la Grèce.

Lors de ce qui ressemblait davantage à une leçon de mathématiques qu'à une conférence de presse, la chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré que le secteur privé contribuerait à hauteur de 37 milliards d'euros entre 2011 et 2014. En outre, un rachat de la dette grecque, qui permettra de lever 12,6 milliards d'euros, amène la contribution totale des investisseurs à environ 50 milliards d'euros, a expliqué la chancelière.

Entre 2011 et 2019, la contribution totale du secteur privé au sauvetage grec pourrait grimper à 106 milliards d'euros, selon les conclusions présentées hier soir.

Les banquiers et les dirigeants de la zone euro se sont mis d'accord sur le fait que la Grèce rachète sa dette sur le marché secondaire et que les banques détentrices de la dette grecque acceptent une réduction de la valeur nominale de leurs actifs.

L'Allemagne et la Finlande arrivent à leurs fins

Les conclusions du sommet mentionnent également que le nouveau programme comprendra un contrat de garantie, une victoire pour le gouvernement finlandais qui avait insisté pour que les risques de leur participation soient couverts.

Un diplomate finlandais a expliqué que la Finlande avait bénéficié de garanties pour les biens tels que les bâtiments publics lors de la crise bancaire du pays dans les années 1990.

Les conditions de l'accord d'hier soir diffèrent largement des précédentes propositions dans lesquelles le rachat était exclu, à cause des réticences du gouvernement allemand.

Hier, certains diplomates laissaient entendre que l'Allemagne accepterait un rachat à condition que la France laisse tomber son idée d'une taxe bancaire exceptionnelle pour augmenter le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Le rachat sera financé par le FESF. La Grèce rachètera ensuite sa dette au secteur privé à un taux réduit.

Les banquiers ont également décidé hier de prolonger l'échéance de remboursement pour le FESF de 7,5 à minimum 15 ans et d'abaisser le taux d'intérêt de 4,5 % à 3,5 %.

L'implication des banques du secteur privé est une victoire politique pour Mme Merkel, mais elle pourrait ne pas être suffisante pour éviter un défaut de paiement à la Grèce. S'écartant des précédentes déclarations, plusieurs chefs d'Etat ont affirmé que la Grèce pourrait toujours devoir affronter un défaut partiel dans le cadre de ce programme. Ces déclarations ont été critiquées, certains craignant qu'elles ne donnent lieu à de nouvelles dégradations des créances dans la zone euro.

Défaut ou pas défaut ?

« Je ne veux en aucun cas préjuger » de ce qu'il se passera en Grèce, a déclaré Jean-Claude Trichet, le directeur de la Banque centrale européenne, lors de la conférence de presse d'hier.

Les dirigeants se sont également mis d'accord pour étendre les pouvoirs du FESF pour éviter que d'autres pays fortement endettés n'aient besoin d'un renflouement (Irlande, Portugal, Espagne, Italie et Belgique).

Le FESF pourra désormais aider les pays qui ne bénéficient pas encore d'un renflouement. Ce mécanisme pourra accorder des prêts, intervenir sur les marchés obligataires et même recapitaliser des banques.

Ce nouveau rôle du FESF pourrait susciter des critiques en Allemagne, aux Pays-Bas et en Finlande, des pays qui craignaient qu'une augmentation du fonds ne mette les contribuables en rogne.

L'Irlande, quant à elle, s'est finalement assuré un taux d'intérêt moins élevé, passant de 5,8 % à 3,5 % pour son renflouement de 85 milliards d'euros. Les dirigeants étaient réticents à une réduction du taux de l'Irlande, dans la mesure où le taux d'imposition des entreprises dans le pays est devenu un sujet brûlant dans des pays tels que la France.

Mais si les conclusions d'hier soir font allusion à une future discussion sur le taux d'imposition des sociétés en Irlande, le dirigeant du pays, Enda Kenny, a été catégorique et a affirmé que le taux de 12,5 % appliqué dans son pays n'était pas négociable.

Gouvernement économique de l'UE

Le président français, Nicolas Sarkozy, qui a accepté de laisser tomber son idée pour une taxe sur les banques de la zone euro vouée à lever 50 milliards d'euros, a déclaré que cet accord avait éviter un désastre dans la zone et jeter les fondations d'un « gouvernement économique » de l'UE.

« Avant la fin de l'été », le président français et Angela Merkel feront des propositions communes sur le gouvernement économique de la zone euro. « Notre ambition est de saisir l'occasion de la crise grecque pour faire un saut qualitatif dans la gouvernance de la zone euro », a-t-il déclaré, demandant des projets ambitieux et audacieux pour créer une sorte de Trésor de l'UE, de Fonds monétaire européen.

Ces mots étaient autrefois tabous, a-t-il expliqué. Nous serons plus clairs sur la manière dont nous voyons l'avenir de la zone euro. Nous avons accompli quelque chose d'historique. Il n'y a pas encore de Fonds monétaire européen, mais ça viendra, a-t-il affirmé.

Claire Davenport – Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet