Les Capitales : Ce qu’il faut retenir du dernier sommet européen
Aujourd’hui dans Les Capitales : conclusions du sommet européen, où en est la motion de censure contre la Commission, le Parlement européen se prépare à la Pride de Budapest, le Tribunal constitutionnel espagnol valide l’amnistie des catalans et un eurodéputé alerte sur des détournements de fonds européens en Slovaquie.
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À LA UNE
Russie, Israël, droits de douane… Ce qu’il faut retenir du dernier sommet européen.
Face aux tensions commerciales croissantes avec les États-Unis, aux divisions internes sur la Russie, ou encore Israël, le Conseil européen de jeudi 26 juin a été le théâtre de débats intenses jusque tard dans la nuit.
Les dirigeants européens ont décidé de reconduire pour six mois les sanctions déjà en vigueur contre la Russie. En revanche, la Hongrie et la Slovaquie ont bloqué l’adoption du 18e paquet de sanctions contre Moscou.
Sur le front commercial, l’incertitude demeure quant à la stratégie que l’Union européenne compte adopter pour éviter les droits de douane imminents annoncés par le président américain Donald Trump.
Même incertitude concernant la position que l’UE va adopter vis-à-vis d’Israël.
Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union ont également discuté d’autres sujets, tels que les dépenses de défense et la migration.
INSTITUTIONS EUROPÉENNES
Le groupe des Conservateurs et Réformistes divisé sur une motion de censure visant la Commission. Eddy Wax et Magnus Lund Nielsen écrivaient jeudi 26 juin que le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), dirigé par les Frères d’Italie et le parti Droit et Justice (PiS) polonais, était divisé sur une tentative de l’un de ses eurodéputés visant à renverser la Commission européenne d’Ursula von der Leyen.
À l’origine de la motion de censure : le Roumain Gheorghe Piperea, membre du parti nationaliste Alliance pour l’unité des Roumains (AUR). Il reproche à la présidente de la Commission son manque de transparence et cite la récente décision de la Cour de justice de l’UE (CJUE) dans l’affaire Pfizergate
La motion est cosignée par 74 eurodéputés au total, dont 31 des 79 membres du groupe CRE. Un chiffre suffisant pour permettre un éventuel vote en plénière, bien que les chances de succès de l’initiative soient quasi nulles.
La liste des signataires, obtenue par Euractiv, comprend des élus CRE, des groupes Patriotes pour l’Europe et Europe des nations souveraines, quelques non-inscrits, mais aussi un membre du Parti populaire européen (PPE), la famille politique d’Ursula von der Leyen.
L’eurodéputé slovène, Branko Grims a été le seul représentant du PPE de centre-droit à signer la motion.
Fervent partisan du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, Branko Grims est connu pour ses positions extrêmes, au point d’avoir déjà été mis à l’écart dans son propre groupe.
« Il devrait être exclu du groupe. Qu’attendons-nous ? », s’est indigné un de ses collègues du PPE.
Branko Grims, qui arbore fièrement une casquette MAGA (Make America Great Again) et partage régulièrement des contenus d’extrême droite sur les réseaux sociaux, aurait déjà envisagé de rejoindre le groupe des Patriotes pour l’Europe, auquel appartiennent les eurodéputés du Fidesz de Viktor Orbán.
Branko Grims se situe dans la frange d’extrême droite du parti d’opposition Parti démocratique slovène (SDS) de Janez Janša, et il peut être un atout utile pour ce dernier afin de critiquer l’UE et marquer des points dans son pays.
« D’un point de vue national, Grims est très utile pour attaquer von der Leyen », a expliqué un autre de ses collègues du PPE, ajoutant qu’il avait été interdit de parole au nom du PPE lors des plénières et des réunions des commissions parlementaires.
« Il est sans aucun doute l’un des responsables politiques les plus à l’extrême droite de Slovénie », a ajouté le député européen.
Selon une source interne, Branko Grims aurait subi jeudi de fortes pressions de la part de son chef de parti en Slovénie, Janez Janša, pour retirer sa signature à la motion de censure. Un porte-parole du PPE a confirmé dans la soirée que l’eurodéputé avait finalement retiré son nom de la motion.
Sollicité, l’intéressé n’a pas répondu à nos demandes de commentaires.
Parallèlement, la dynamique autour de la motion semble s’essouffler. Le texte, rédigé à la hâte par Gheorghe Piperea, ne bénéficie d’aucun soutien officiel des principaux groupes concernés — ni des Patriotes, ni du CRE, ni du PPE.
Certains au sein de l’extrême droite craignent même qu’une telle initiative ne finisse par renforcer la position d’Ursula von der Leyen. Plusieurs signataires font à leur tour l’objet de pressions pour retirer leur signature, rendant de plus en plus improbable un passage au vote en séance plénière.
Amazon snobe le Parlement européen : la colère monte chez les eurodéputés. Une audition parlementaire sur les conditions de travail chez Amazon s’est tenue au Parlement européen ce jeudi 26 juin en l’absence de représentants de l’entreprise. Une absence qui a suscité l’indignation des eurodéputés. Par Claudie Moreau.
LES CAPITALES
HONGRIE
Les services de sécurité du Parlement européen en alerte maximale à la veille de la Pride. À l’approche de la Pride de Budapest, prévue samedi 28 juinet interdite par le gouvernement hongrois , les services de sécurité du Parlement européen sont en alerte maximale. Des notes d’information très strictes ont été envoyées aux eurodéputés et au personnel, précisant notamment que les autorités hongroises ne peuvent accéder aux locaux du bureau local du Parlement sans autorisation formelle.
« J’ai vu des consignes moins strictes pour des missions en Corée du Nord », a ironisé un assistant parlementaire.
Plus de 70 eurodéputés sont attendus dans la capitale hongroise pour participer à la marche, aux côtés de la commissaire européenne à l’Égalité, Hadja Lahbib. Jeudi 26 juin, Ursula von der Leyen a une nouvelle fois exhorté Budapest à autoriser la tenue de la Pride, après que le ministre hongrois de la Justice a menacé les participants de poursuites pénales dans des lettres adressées aux États membres et institutions de l’UE.
Face à ces tensions, le niveau d’alerte a été relevé au bureau du Parlement à Budapest. « Tout est en place pour garantir la sécurité des députés et de leurs accompagnants », a assuré un porte-parole de l’institution.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a écarté toute intervention des forces de l’ordre contre la marche des fiertés, mais il a mis en garde les participants contre les conséquences légales, précisait l’AFP ce vendredi 27 juin.
« Bien sûr, la police pourrait disperser de tels évènements car elle en a le droit, mais la Hongrie est un pays civilisé », a-t-il expliqué vendredi sur la radio d’État, assurant qu’elle n’userait « pas de violence physique ».
FRANCE-ALLEMAGNE-BELGIQUE
Le ministre chinois des Affaires étrangères en Europe la semaine prochaine. Pékin a annoncé ce vendredi 27 juin que son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, serait en visite en Europe la semaine prochaine pour s’entretenir avec ses homologues français Jean-Noël Barrot, belge Maxime Prévot et allemand Johann Wadephul ainsi que la la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
Il devrait également rencontrer le Premier ministre belge Bart De Wever, précise l’AFP.
ESPAGNE
Le Tribunal constitutionnel espagnol valide la loi d’amnistie pour les Catalans. Le Tribunal constitutionnel espagnol a validé la loi d’amnistie controversée qui gracie des centaines de séparatistes catalans impliqués dans le mouvement séparatiste entre 2012 et 2023. Inés Fernández-Pontes depuis Madrid.
IRLANDE
Présidentielle irlandaise. Le député européen Seán Kelly se présente comme candidat de son parti, le Fine Gael (Parti populaire européen, PPE), à la présidentielle irlandaise, qui doit se tenir avant le 11 novembre. Il s’opposera à l’ancienne commissaire européenne Mairead McGuinness.
ITALIE
L’Italie va de l’avant avec une réforme controversée de sa loi sur la chasse, suscitant l’ire de Bruxelles et des associations environnementales. La réforme proposée, présentée non pas par le gouvernement mais par les dirigeants du bloc de droite au pouvoir, comprend des mesures largement considérées comme incompatibles avec la législation européenne en matière de protection de la nature.
Cette réforme pourrait aggraver les tensions avec l’exécutif de l’UE, qui a engagé plusieurs procédures d’infraction contre Rome ces dernières années pour des questions environnementales.
SLOVAQUIE
Un eurodéputé alerte sur l’utilisation des fonds européens en Slovaquie. L’eurodéputé tchèque Tomáš Zdechovský (Parti populaire européen, PPE) a déposé plus de 300 plaintes auprès de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), du Parquet européen (EPPO) et de la Commission européenne pour des allégations de détournement de fonds européens en Slovaquie.
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Basé sur la version en anglais The Capitals, par Eddy Wax et Nicoletta Ionta.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]