Restrictions sur les importations alimentaires russes : la Lettonie resserre l’étau

La Commission a déclaré que, bien que la politique commerciale relève de la compétence exclusive de l'UE, des exceptions sont possibles

EURACTIV.com
[Photo : Henning Kaiser/picture alliance via Getty Images]

La Lettonie, qui milite depuis longtemps en faveur d’une limitation des importations alimentaires en provenance de Russie, a une nouvelle fois décidé de faire cavalier seul alors que Bruxelles peine à étendre les restrictions à l’encontre de Moscou.

Ce pays balte a imposé pour la première fois en 2024 des restrictions sur l’importation de plusieurs produits agricoles en provenance de Russie et de Biélorussie, notamment des céréales et des légumes, et les a prolongées à plusieurs reprises. Il en va de même pour la Lituanie voisine, qui maintient une interdiction similaire.

Au début du mois, Riga a élargi sa liste de sanctions pour y inclure les produits de la mer russes. Le gouvernement letton est allé plus loin ce mardi en proposant un projet de loi visant à couvrir un large éventail de produits alimentaires transformés, allant du chocolat et des confiseries à la bière.

Cette initiative intervient peu après que la Commission européenne n’a pas réussi à rassembler suffisamment de soutien en faveur de restrictions au niveau européen sur le poisson russe, une question qui s’est avérée trop sensible pour les États membres transformant de grandes quantités de poisson blanc, comme la morue et le colin.

L’exécutif européen a été informé des nouvelles mesures prises par la Lettonie, a indiqué un porte-parole de la Commission à Euractiv.

Le porte-parole a précisé que, bien que la politique commerciale relève de la compétence exclusive de l’UE, des exceptions sont possibles. Celles-ci incluent les mesures fondées sur « la moralité publique, l’ordre public ou la sécurité publique ».

C’est précisément ces motifs que le gouvernement letton a invoqués pour justifier sa décision. Il a également fait valoir que des produits agricoles, alimentaires et fourragers russes d’une valeur de 24,9 millions d’euros ont tout de même été importés en Lettonie entre janvier et juillet 2026, certains étant destinés au marché letton et d’autres à d’autres pays de l’UE.

Des interdictions unilatérales controversées

Dans le même temps, la Commission voit d’un mauvais œil que d’autres pays imposent de leur propre chef des restrictions commerciales.

Malgré les avertissements répétés de Bruxelles, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie ont mis en place des restrictions unilatérales sur plusieurs produits ukrainiens depuis 2023. À l’époque, ces pays avaient fait valoir que leurs marchés étaient submergés d’importations après la libéralisation par l’UE des échanges commerciaux avec ce pays en proie à la guerre.

La Commission a jugé à plusieurs reprises ces justifications insuffisantes, notamment après que Bruxelles et Kiev se sont mis d’accord sur un nouvel accord commercial comprenant des mesures de sauvegarde visant à prévenir les perturbations économiques dans les pays voisins de l’Ukraine.

(cm)