Les citoyens d’États membres pauvres ne peuvent pas s’acheter de médicaments

Le manque d’accès de millions d’Européens à des traitements constitue l’une des conséquences de la crise financière mondiale. Selon des promoteurs de la santé, il existe d’autres solutions.

EURACTIV.com
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Le manque d’accès de millions d’Européens à des traitements constitue l’une des conséquences de la crise financière mondiale. Selon des promoteurs de la santé, il existe d’autres solutions.

 

Les problèmes concernant le caractère abordable des médicaments en Europe et la viabilité à long terme des dépenses publiques en matière de médicaments remontent à avant la crise dans l'UE.

 

Lors d'un évènement jeudi (16 mai) au Parlement, l'eurodéputé espagnol Alejandro Cercas (Socialistes et Démocrates) a déclaré que les citoyens des pays les plus pauvres de l'UE en particulier ne pouvaient plus se permettre d'acheter de médicaments.

 

« C'est inacceptable que des millions de personnes ne puissent pas s'offrir un traitement qui sauve des vies au sein de l'UE. Plus de solidarité budgétaire ne rime pas avec plus de solidarité en général. Nous mettons l'UE en péril », a déclaré M. Cercas.

 

Il a ajouté qu'il était inacceptable que des milliards d'euros soient dépensés dans la recherche quand certains citoyens ne peuvent pas se payer de médicaments.

 

Dans l'UE, environ 60 % de l’ensemble des dépenses pharmaceutiques proviennent du Trésor public.

 

À Chypre, en Bulgarie, en Estonie, en Italie, en Lettonie, en Lituanie, en Pologne et en Roumanie, elles proviennent principalement du secteur privé.

 

Même si la crise a permis de réduire les dépenses pharmaceutiques publiques et de maximiser les profits des investissements publics dans des médicaments, toutes les occasions n'ont pas été exploitées.  La négociation d’une réduction des prix des médicaments en est un exemple, selon l'Alliance européenne pour la santé publique (EPHA).

 

Différents problèmes de soins de santé

 

L'eurodéputé grec Nikos Chrysogelos (Verts) a déclaré que son pays ne disposait pas d'un système de santé juste et équilibré, ce qui entraîne d'énormes conséquences.

 

« La situation est grave. Le système est en train de s'effondrer. Plus d'un million de personnes n'ont pas accès à un traitement », selon lui.

 

Il a ajouté que la hausse du taux de chômage avait également des conséquences négatives sur les soins de santé en Grèce. Une discussion est en cours dans le pays sur le système de santé inefficace et bureaucratique et sur la manière d'effectuer une analyse coût-bénéfice afin de le réformer, selon l'eurodéputé.

 

En Roumanie, la situation est loin d'être parfaite étant donné que le gouvernement précédent a décidé de fermer 67 hôpitaux, a expliqué l'eurodéputée socialiste Minodora Cliveti. Le problème n'est pas que les patients ne sont pas assurés, mais la disponibilité de certains médicaments dans le pays.

 

Dans une Irlande empêtrée dans la crise, le prix des médicaments est parfois quatre fois plus élevé que dans d'autres États membres, même si le pays abrite le siège de nombreuses entreprises pharmaceutiques, a indiqué l'eurodéputée irlandaise Marian Harkin (Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe).

 

« Ce qu’il se passe est incroyable. Je ne comprends pas pourquoi nous en sommes témoins », a-t-elle déclaré.

 

Nouvelles solutions

 

Afin de trouver des solutions à l'accès et aux prix élevés des soins de santé dans l'UE, il faut faire preuve de créativité, a indiqué David Hammerstein, le conseiller principal sur la propriété intellectuelle du Dialogue transatlantique des consommateurs.

 

Il a ajouté que l'achat collectif de médicaments par les États membres pourrait constituer une solution.

 

« Cela va actuellement à l'encontre des règles du marché unique, mais nous devrions peut-être changer les règles. Nous parlons de médicaments qui sauvent des vies d'êtres humains qui n'obtiennent pas de traitement », a affirmé M. Hammerstein.

 

L'eurodéputée portugaise Maria do Céu Patrão Neves (Parti populaire européen) a également signalé que le secteur de la recherche et de l'innovation était le seul à ne pas avoir subi de coupes budgétaires dans le nouveau budget septennal de l'UE.

 

Dans le cadre d'« Horizon 2020 », 80 milliards d'euros ont été investis dans la science ainsi que dans l'amélioration de la promotion et de la prévention de la santé.