Les conducteurs d’autocars défendent les périodes de repos minimum [FR]
Les conducteurs d’autocars car s’engagent dans un conflit avec leurs employeurs sur les règles européennes fixant des périodes de repos minimum, qui, d’après les tours opérateurs de voyages par autocars, ont entraîné une augmentation dramatique des coûts, jusqu’à 30 %.
Les conducteurs d’autocars car s’engagent dans un conflit avec leurs employeurs sur les règles européennes fixant des périodes de repos minimum, qui, d’après les tours opérateurs de voyages par autocars, ont entraîné une augmentation dramatique des coûts, jusqu’à 30 %.
Le 11 février, la Fédération européenne des travailleurs des transports (EFT) a fait savoir que la disposition européenne, stipulant que tous les conducteurs effectuant des transports internationaux occasionnels par autocar bénéficient d’une semaine de repos après avoir travailler six jours consécutifs, est essentielle pour la sécurité routière.
Cette déclaration survient suite aux récentes demandes de l’Union internationale des Transporteurs Routiers (IRU) exigeant la réintroduction de la dérogation de 12 jours en vigueur avant l’introduction de la nouvelle législation en 2006 (EURACTIV 03/02/06).
Selon l’IRU, depuis avril 2007, la réduction de moitié du nombre maximum de jours de travail que les conducteurs d’autocars peuvent effectuer d’affilée menace l’avenir du tourisme européen par autocar. L’association tente de convaincre le commissaire européen aux Transports, Jacques Barrot, les Etats membres et le Parlement européen de réintroduire la dérogation le plus rapidement possible. « Chaque jour qui passe aggrave la crise de notre secteur et multiplie les difficultés auxquelles nos opérateurs et nos conducteurs sont confrontés pour accomplir leur mission tant bien que mal », a déclaré le vice-président de l’IRU, Graham Smith.
Une étude de l’IRU affirme que les coûts des voyages par autocar ont grimpé de 30 % et les marges de profit ont chuté de 25 à 30 %. Cette étude explique que la plupart des voyages européens par autocar durent plus de six jours et que la nouvelle loi oblige les opérateurs à employer des conducteurs locaux ou à faire appel à un second conducteur pour prendre la relève, impliquant d’importants coûts supplémentaires.
Mais la secrétaire politique de l’EFT pour la section routière, Beatrice Hertogs, a déclaré à EURACTIV que l’initiative de l’IRU visant à réintroduire la dérogation de 12 jours est une « grosse erreur ». « Nous aurions pu imaginer quelques changements si cela avait été débattu au sein d’un dialogue social. Peut-être sept jours au lieu de six. Mais la réintroduction des 12 jours est absolument impossible », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Il est avéré que cette mesure est mauvaise pour la santé et la sécurité des conducteurs d’autocars, les passagers et les autres usagers de la route et qu’elle perturbe l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée des conducteurs ».
Néanmoins, le Parlement européen semble s’être rangé à l’avis des employeurs. Dans un rapport de sa propre initiative sur « nouvelle politique européenne du tourisme », adopté en novembre 2007, les eurodéputés ont souligné les « avantages que les vacances en autocar présentent pour les touristes ayant de faibles revenus et pour le développement du tourisme dans les régions qui ne sont pas desservies par des aéroports ou des services de transports ferroviaires régionaux », appelant la Commission à examiner la possibilité de réintroduire la dérogation de 12 jours pour les circuits aller-retour.
Selon ses porte-parole, le commissaire Barrot soulèvera la question auprès des ministres européens des Transports lors du prochain Conseil (probablement en avril) afin d’entendre leur point de vue. Parallèlement, la Commission compte surveiller les effets de la suppression de la règle des 12 jours du point de vue de l’économie et de la sécurité et, au regard des résultats de son enquête, décidera s’il est nécessaire de prendre des mesures.