Les conservateurs remportent les élections en Pologne

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Le parti de droite Droit et Justice (PiS/ECR) a remporté les élections législatives en Pologne à une large majorité, obtenant 43,6 % des voix, tandis que le principal bloc d’opposition — la plate-forme civique (KO) de centre gauche — en a remporté 27,4 %, selon les derniers chiffres publiés par la Commission électorale nationale (PKW).

Au cours de la campagne, le PiS a mêlé la rhétorique nationaliste à un vaste programme d’aide sociale financé par un boom économique et soutenu par les Polonais plus pauvres qui estiment avoir été privés de prospérité au cours des dernières décennies.

La Pologne connaît un retour des partis de gauche au parlement après qu’ils ont perdu leurs sièges il y a quatre ans en raison de la fragmentation : La gauche (Lewica) a obtenu 12,4 % des voix, tandis que la LSIP pro-européenne (PPE) a obtenu le soutien de 9,1 % des électeurs. L’extrême droite Konfederacja a franchi le seuil électoral avec 6,4 % et on ignore pour l’heure si elle rejoindra le PiS ou s’opposera à lui.

Selon les projections, le PiS détiendra la majorité avec 239 sièges sur 460 à la chambre basse du parlement polonais, le Sejm, et pourra poursuivre sa course sans devoir former une coalition. Toutefois, le PiS n’a pas obtenu une majorité constitutionnelle de 276 sièges, ce qui lui aurait donné le pouvoir de rejeter le veto présidentiel. Les forces d’opposition du KO, du PSL et de la gauche n’auront pas beaucoup d’influence sur le parti au pouvoir puisqu’ils détiendront au total 207 sièges.

Le taux de participation électorale , qui a atteint environ 61,1 %, est le plus élevé depuis les premières élections partiellement libres qui ont eu lieu après la chute du communisme.

Que se passera-t-il après les élections ? Bien que ce soit principalement les politiques sociales qui ont joué un rôle dans la campagne, le PiS est devenu un leader en proposant de retirer certains pouvoirs à Bruxelles. Le PiS poursuivra son chemin selon une approche visant « l’argent de l’UE d’abord, la poursuite des réformes judiciaires contestées ensuite ».

« Jusqu’à ce que les négociations du nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) soient finalisées, le PiS pourrait se montrer conciliant», a déclaré à Euractiv Pologne le professeur Renata Mieńkowska-Norkiene, de l’Université de Varsovie.

« Quand toutes les questions financières seront réglées, le PiS reviendra à ses méthodes antilibérales en plein essor. Il contrôle déjà les médias publics, maintenant c’est l’heure des médias privés. Les rumeurs laissent entendre qu’ils ont l’intention de payer quatre fois le prix pour reprendre la grande chaîne de télévision privée polonaise TVN qui appartient à l’entreprise américaine de médias de masse Discovery Inc. On peut y voir une variation de Viktor Orbán, avec les éléments d’Erdogan. Ils n’ont pas de majorité constitutionnelle, mais ils prendront tout ce qu’ils peuvent sans elle », a dit Renata Mieńkowska-Norkiene.

Que peut faire l’UE ? « Le seul véritable outil du côté de la Commission européenne est la conditionnalité budgétaire. Elle peut tirer parti de cet atout », a ajouté la professeure.

Bogusław LIBERADZKI (eurodéputé, S & D) estime toutefois que le PiS devra à présent assouplir sa rhétorique, car un certain nombre de décisions de l’UE sont à venir. « La conditionnalité des fonds conformément à l’évaluation de l’état de droit a été annoncée. Avec la nouvelle Commission, l’État de droit sera évalué par les commissaires Reynders, Jourova et en partie aussi par Frans Timmermans, qui a un mandat plus général. Par conséquent, la tâche urgente de ce nouveau gouvernement sera de ne pas porter préjudice à la Pologne au sein de la nouvelle UE », a déclaré le député européen.

(Karolina Zbytniewska, Łukasz Gadzała , Euractiv Pologne, Alexandra Brzozowski, Euractiv.com)

SYRIE

L’Allemagne et la France réclament la fin immédiate de l’offensive militaire turque en Syrie. La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron ont appelé le président turc Recep Tayyip Erdoğan à Paris dimanche soir à retirer ses troupes de Syrie.

En réponse à l’offensive turque, le gouvernement syrien a envoyé son armée dans le nord. Emmanuel Macron a dit qu’il y avait une « volonté commune » de l’Allemagne et de la France pour que l’offensive prenne fin. Angela Merkel a averti que les conséquences humanitaires étaient « graves » et qu’il y avait un risque que la milice djihadiste de l’État islamique (IS) de regagne du terrain. Avant la rencontre avec Emmanuel Macron, Angela Merkel avait passé une heure avec Recep Tayyip Erdoğan au téléphone.

Le 12 octobre, Angela Merkel a déclaré que Paris et Berlin souhaitaient parvenir à des accords sur un certain nombre de questions telles que Brexit, l’Ukraine et la Turquie afin de « présenter autant de positions communes que possible » avant le prochain sommet européen (17-18 octobre). Ces questions seront discutées entre les deux dirigeants lors du Conseil des ministres franco-allemand, qui se tiendra le 16 octobre à Toulouse. Angela Merkel a également mentionné l’armement comme un autre sujet de coopération renforcée. « Il s’agit du développement de futurs chars européens et d’un avion européen », a-t-elle dit.

Rome fera pression pour une interdiction des exportations d’armes vers la Turquie au niveau de l’UE, a déclaré une source de l’exécutif. La démarche diplomatique de l’Italie débutera aujourd’hui lors du Conseil « Affaires étrangères » et se poursuivra, si nécessaire, lors du Conseil européen des 17 et 18 octobre. La source a ajouté que l’Italie s’efforcerait de contrer l’action de la Turquie dans le nord-est de la Syrie par tous les moyens autorisés par le droit international, en soulignant que des initiatives doivent être prises pour éviter de nouvelles souffrances aux populations syrienne et kurde.

A Bratislava, le directeur général de la section politique du ministère des Affaires étrangères et européennes, Marián Jakubócy, a reçu l’ambassadeur de Turquie en Slovaquie, déclarant que « la situation exige un processus politique et des moyens diplomatiques conformes au droit international et à la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous sommes préoccupés par les conséquences politiques et humanitaires négatives de cette opération militaire sur la population civile, y compris les Kurdes du nord de la Syrie. Nous sommes également préoccupés par les risques accrus de nouvelles violences ethniques et l’émergence de nouveaux flux de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur du pays, ainsi que par les conséquences sur l’efficacité de la lutte contre Daesh », a écrit le ministère.

En ce qui concerne les nouveaux flux de réfugiés, alors que les médias rapportent que 100 000 Syriens ont quitté leurs foyers, la Bulgarie a déclaré qu’elle ferait usage de la force pour défendre sa frontière. Le ministre de la Défense, Krassimir Karakachanov, a déclaré que le pays utiliserait des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour protéger sa frontière avec la Turquie si la pression migratoire augmente. Auparavant, le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, avait déclaré que la barrière frontalière et l’armée ne pouvaient pas sauver le pays des migrants. « Notre politique étrangère doit être délicate, mais nous devons être fermes à la frontière », a déclaré Krassimir Karakachanov, ajoutant que la Bulgarie devrait être prête à défendre sa frontière sans aide extérieure. (Claire Stam, Euractiv Allemagne, Krassen Nikolov, Euractiv Bulgarie, Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie, Gerardo Fortuna Euractiv.com, Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce]

BUDAPEST

Viktor Orbán a perdu à Budapest. Sur la base de 70% des voix comptées, le candidat de l’opposition Gergely Karácsony aurait remporté la victoire à Budapest avec  50,1 % des voix, alors que le maire sortant István Tarlós (Fidesz-PPE d’Orbán) a obtenu 44,8 % des suffrages. Gergely Karácsony est un candidat choisi par tous les partis d’opposition (Momentum-DK-MSZP — Parbeszed-LMP) à l’exception du parti d’extrême droite Jobbik, qui n’avait pas de candidat. La victoire de Gergely Karácsony constitue la plus grande défaite politique de Viktor Orbán depuis le renouvellement de son mandat de Premier ministre en 2010. Les analystes suggèrent qu’elle ouvre également la voie à une véritable compétition lors des élections nationales de 2022. (Željko Trkanjec, Euractiv Hongrie)